L'INSURRECTION DE MOKRANI
À) La Déclaration de guerre.
Lettres au capitaine Ollivier et au général Augeraud
Je vous remercie de vos bonnes paroles, je vous remercie ce la bonté que vous m'avez témoignée et dont je garderai le meilleur souvenir. Mais je ne puis vous répondre qu'une chose : j’ai donr.é ma démission au géné- 3a! de Mac-Mañhon qui l’a acceptée. Si j'ai continué à servir la France,
c'est parce qu'elle était en guerre avec la Prusse et que je n'ai pas vouiu
augmenter les difficultés de la situation. Aujourd'hui la paix est faite, ct j entends jouir de ma liberté, Vous le savez, je vous l'ai dit, je ne puis accepter d'être l'agent du Gouvernement civil qui m'accuse de parti-pris ei qui déjà désigne mon successeur. Cependant on verra plus tard si son a raison d'agir ainsi, si c’est moi qui ai tort. Mes serviteurs sont arrêtés à Sétif et à Aumale, et partout l’on affirme que je suis insur:é., Pourquoi ? Parce que l'on veut me condamner. Eh bien ! je n'échangerai avec ces gens-là que des coups de fusil et j'attendrai, J'écris à M. le Commandant de Bordj que je refuse mon mandat de férier et qu'il ait à se tenir sur la défensive car je m'apprête à combattre.
Mohamed ben Ahmed El MoknRai.
(Déposition du capitaine Ollivier à la Cour d'Assises de Constantine du 453 mars 1873. Indépendant de Constantine, 16 mars, 20 août 1871.
B) L'opinion du Général Augeraud,
« J'ai oublié de dire que dans mon entrevue avec Mokrani, ce dernier me parla du décret de naturalisation des Jufs ; il ne comprenait pus qu'on rendit électeurs des hommes qui n'avaient jamais porté les arines pour ous, quand des Arabes des guerriers) n'avaicnt pas ce privilège, Bien des personnes pensent que ce décret a été la cause déterminante de a revolte, Quant à moi je ne l'ai jamais cru ; ce n'a été qu'un prétexte.
M. le Président. — Vous croyez que celà n'a pas eu d importance.
M. le général Augeraud. — J'en suis intimement persuadé... »
Actes du Gouvernement de la Défense Nalionale. Déposition du géncral Augeraud, 28 avril 1874, page 310.
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