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SCÈNE PREMIERE

GEORGES, PAULA, HENRI, MARIE, DOMINIQUE*. Au

lever du rideau, Paula assise à la table, dessine ; Marie au piano jouo uuo polka; Georges est assis sur le canapé; Henri est debout à la cfi émince; Dominique entre du fond et descend à droite.

DOMINIQUE

Les journaux de monsieur!

GEORGES

Ah! merci.

MARIE, voyant Dominique qui va sortir.

Madame la baronne n'a pus encore sonné?

DOMINIQUE

Pas encore, mademoiselle, (n sort.)

MARIE se lève et va près de Paula.

la vilaine paresseuse! encore au lit, à onze heures, (a Paula.) Comprends-tu cela? Depuis quinze grands jours que madame do Ménioles est installée au château, tous les soirs, quand nous nous retirons, elle me dit : a Ma chère enfant, ayez bien soin de me

* Paula, Marie, Georges, Henri.

ACTB DEUXIÈME. fô

réveiller demain au chant du coq, et nous irons toutes les deux faire l'école buissonnière ; » moi, je crois que c'est sérieux. (Elle prend le milieu de la scène.) Et quand cinq heures sonnent, je monte à son appartement, mais toujours je rencontre sa femme de chambre à sa porte et c'est toujours le même refrain! « Olit mademoiselle, madame la baronne ne fait que de s'endormir, et si je réveillais maintenant, ;e serais chassée. » (Allant à Georges.) Comme c'est agréable!... Sans l'espérance qu'hier encore la méchante m'a donnée, je serais partie avec M. Guibert et son neveu qui se sont mis en route à six heures pour une excursion, et je serais allée avec eux à la ferme des moulins; car, M. Guibert veut faire boire du lait à son neveu. .11 dit que c'est un calmant. Quelle maladie a-t-il donc, M. Ilip— polyle?

Oh! une maladie inconnue!

MARIE, riant.

Ces Parisiens ne font rien comme tout le monde* HENRI, descend près de Marie.

J'ai remarqué que vous êtes bien sévère pour «ux, mademoiselle.

MARIE

Et moi, j'ai remarqué que vous êtes bien indulgent. Oui, depuis que madame de MénioJes est ici, tout, dans ses moindres habitudes, est pour vous matière à admiration. Vous trouvez charmant que l'on passe tout le jour à s'habiller et à se déshabiller. Yous trouvez du meilleur ton de vivre sans manger, d'où il suit que vous devez nous trouver bien provinciales, nous qui jusqu'au soir gardons la même robe et qui, dès le matin, avons bon appétit.

GEORGES, 'riant.

Allons, allons, Marie, c'eàt une querelle d'Allemand que tu lui cherches là.

HENRI, à Paula.

Oh l oui, n'esUce pas?

PAULA

En effet.

MARIE

Oh ! que non ! je sais bien ce que je dis. J'ai des yeux. Ainsi, depuis l'invasion des habitants de la grande ville, depuis les quelques visites que nous a faites, par exemple, M. le duc de Latouche-Mézeray, en ce moment dans sa terre, il semble que tout ait changé d'aspect ici... jusqu'à monsieur mon frère.

Ah! ah! voilà mon tour arrivé.

MARIE, passe devant Paula.

Autrefois, il chassait tout le jour; mais, le soir, on avait encore le temps de l'embrasser, maintenant M. de Mézeray et ses élégants amis nous le gardent quelquefois jusqu'à près de minuit. GEORGES, un peu contrarié.

Marie ! (il se 1ère,)

MARIE

Dis donc que ce n'est pas vrai, et que ces beaux messieurs- ne sont pas cause que nos ouvrier? ne t'ont pas vu une seule fois pendant le temps de la vendange.

GEORGES

Elle n'en sera pas moins belle pour cela, va 1

MARIE, se lève.

Oui ; mais ça fait mauvais effet.

GEORGES

Mademoiselle Marie, je trouve que vous maltraitez fort votre aîné.

MARIE

Parce que mon aîné n'est pas raisonnable, et qu'il nous quitte trop souvent pour des gens qui ne l'aiment pas... comme nous l'aimons. (Elle l'embrasse:) La! c'est fini! je ne gronde plus, mais soyez sage. Oh ! tant pis, je vais carillonner à la porte de madame

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