‹ Les ivresses;Chapitre 39 sur 111 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

MÉZERAY

Àhl je riais d'une nouvelle que des paysans venaient de m' annoncer.

GEORGES

Qu'est-ce donc ? (Paula va pour porter une tasse de thé à madame de Ménioles.)

MÉZERAY, prenant la tasse et se dirigeant vers madame de Ménioles pour revenir à Paula.

Je vous dirai cela. Cette nouvelle a trait à une surprise que je ménage au nouveau propriétaire de... Ah! mais au fait, j'ai oublié de vous dire... mon château n'est plus mon château.

MADAME DE MÉNIOLES, à Mézeray.

Mais donnez donc...

MÉZERAY, donnant la tasse.

II appartient à ce sournois de Puitjallon qui a trouvé original de m'y inviter avec les autres pour la saison des chasses. Mais je suis dépossédé parfaitement.

GEORGES

Et comment se fait- il?

MÉZERAY, allant à la table.

Ah! ma foil c'est bien simple! Vous savez peut-être que mon domaine était évalué quatre cent mille francs et hypothéqué pour trois cent soixante mille... Eh bien , une belle nuit, de Puitjallon m'a gagné quarante mille francs... je ne pouvais pas les lui payer.

MADAME DE MÉNIOLES, riant.

Naturellement.

MÉZERAY, reprenant la tasse de madame de Ménioles. Naturellement. Alors, je lui ai donné ma dernière hypothèque, et comme il avait racheté les autres sans que je m'en doutasse, il s'est trouvé tout à coup seigneur de Mézeray. (Riant.) Voilà!... (il va à la cheminée.)

PAULA

Ce pauvre duc ! (Elle s'assied à droite de la table.)

MADAME DE MÉNIOLES.

Le duc Job î

MÉZERAY

mon Dieu ! je n'ai plus rien du tout ! Mais il parait que Ton s'occupe au sein de ma famille de régulariser ma position. On va m'interdire d'abord pour le principe, et ensuite, on me servira une pension de dix-huit milte francs pour me faciliter les moyens de me retirer sur les bords de POrénoque ou à Batignolles.

MADAME DE MÉNIOLES.

Il faut faire des affaires !

MÉZERAY

C'est encore bien moral ce que vous me conseillez là. Vous trouvez que ce n'est pas assez que je me sois ruiné, vous voulez maintenant que je ruine les autres, (s'asseyant près de madame de Méniolcs.) A propos, comment se porte votre mari?

MADAME DE MÉNIOLES.

Mon cher duc, votre coup de patte tombe à faux, mon mari ne fait pas d'affaires.

MÉZERAY

Ah! c'est vrai, je confondais .. que voulez-vous, je connais tant de coquins! Mais je me souviens; M. de Ménioles fait de l'économie agricole... une profession vertueuse!... et où est-il?

MADADE DE MÉNIOLES, riant.

Il paraît qu'il s'enfonce encore une fois de plus cri plus dans les terres.

MÉZERAY, riant.

Il finira par y rester, vous savez? (Avec sentiment.) Ah! baronne, si vous deveniez veuve ! (Se levant.) Tiens, au fait, je ne pourrais pas vous épouser, puisqu'on va m'interdire. (Madame de Ménioles éclate de rire; a part, passant a droito et regardant Paula.) Et puis... c'est bêle!... mais, Dieu me pardonne! je crois que je vais en aimer une autre (Reprenant sa gaieté.) Avec tout cela, j'ai perdu la chasse, je n'ai pas déjeuné, et j'ai l'estomac dans mes grandes bottes.

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