‹ Les ivresses;Chapitre 62 sur 111 · ANDRÉ, GUIBERT · texte numérisé non relu

ANDRÉ, GUIBERT

Dès que Paula , a disparu Guibcrt donne tout à coup un libre cours a une émotion qui se traduit par une agitation extraordinaire. Audré l'observe en souriant.

GUIBERT, saisissant nerveusement la main d'André .

Monsieur de Fugères, tout à l'heure vous m'avez proposé un pacte.

ANDRÉ

Oui.

Et je l'ai refusé.

. Eh bien?

* André, Guibcrt.

ANDRE

Eh bien,, maintenant, je l'accepte ; je suis prêt à le signer des deux mains ; avec mon sang, si vous voulez !

ANDRÉ

Ah 1 vous y arrivez donc!

Eh' bien, oui , oui, j'y arrive. (Très-ému.) Cette pauvre comtesse ! Elle m'a tout retourné ! ... je ne sais plus où j en suis 1 . . . Tenez, tâtez mon pouls... (André lui tâtele pools et fait na signe affirmatif.) Cent vingt pofeatioiis, au moins! Et mon cœur!... tenez, comme il saute l

ANDRÉ, souriant.

Il saute à bas^de son lit. Il se réveille.

Il avait pourtant le sommeil dur! mais cette douleur muette était si éloquente!... Vous comprenez , elle serait venue me dire : « Mon mari est un ci et un ça, » que ça ne m'aurait pas remué du tout. Mais c'est qu'elle ne se plaint pas... c'est qu'elle ne l'accuse pas, le gredin!.. elle le défend, au contraire!.. Ah! j'en ai encore des larmes dans les yeux!... Oh ! les hommes!... je voudrais pouvoir, en bat* tre un.

ANDRÉ

Mon brave monsieur Guibert! vous voyez bien que vous êtes moins égoïste que vous ne le croyiez.

GUIBERT, s'éebauffant.

Une aussi adorable créature! si honnête! si bonne! si dévouée! sacrifiée ainsi à une... (Avec colère.) Mais il faut remédier au mal le plus Vite possible 1 il faut... (Dans la plus grande agitation.) Voyons!

comment guérir Georges de cette passion coupable? Comment rendre le bonheur à cette pauvre délaissée? Que faire? Que ne pas faire? Où aller? Où courir? (Avec éclat.) Mais parlez donc, mais remuez-vous donc... quand vous resterez là planté comme un piquet!

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