FAIT LA
Comment?
ÉVA
Demain, je pars pour l'exil !
GEORGES
Elle part!
ANDRÉ, bas, loi serrant le bras* Prends garde !
GEORGES
Gomment, madame, tous nous quittez?
ÉVA, parlant pour G«0!f**, Demain, j'aurai quitté Paris. Dans quelques jours, j'aurai quitté la France.
PAU LA, à part, avec un mouvement de joie.
Ah ! (Haut, avec intérêt.) Qui vous y oblige, madame?
ÉVA, jovant avec «me lettre qn'ette tient à la mm. Une lettre... que j'ai reçue oe matin.
Gfe ORGE S, bas, à André.
Ma lettre !
ANDRÉ, a part.
Quelle audace I
ÉVA
Je dois donc dire adieu à vos plaisirs pour bel hiver. Out,He voilà détrônée. (Souriant avec intention.) J'ai perdu mon emplttl (a Paula.) Vous ne pouvez donc refuser, comtesse, de venir une dernière fois dans mon petit royaume.
Cette lettre, madame, est donc bien sérieuse? S*agît-fl d'un procès.
ÉVA
D'un procès? Oui, précisément, (pariant a deui fins.)tfn méchant procès qu*on m'intente à propos de je ne sais quoi. Affaire de chicané
à laquelle je n'entends rien. Tout ce que j'ai pu comprendre, c'est qu'il faut que je m'éloigne, (a. Paula.) Et je suis venue ici prendre congé, pour le cas où je serais décidément privée du bonheur de pouvoir vous embrasser demain.
PAULA, à part.
Elle va partir! Ohl j'étais folle 1 (Haut ) Croyez, madame, que je vais maudire du fond du cœur les fatales circonstances qui ont dicté Tordre de cet exil... Mais... cette affaire exige-t-elle réellement votre présence à Pétersbourg? Vous pouvez consulter quelqu'un,
ÉVA, interrogeant Georges du regard à la dérobée. C'est... ce que j'ai fait déjà... J'attends même une réponse, et... si elle -ne m'est pas parvenue, ce soir, demain je m'envole.
ANDRÉ, bas, sur nn mouvement de Georges.
Du courage 1
ÉVA, insistant.
A tout hasard, on prépare déjà ma fuite, (a Paula.) Voilà tous mes malheurs, madame (avec une impatience déguisée), malheurs auxquels ces messieurs, ce me semble, n'ont pas l'air de compatir beaucoup.
GEORGES, déjà trèg-ému.
Comtesse 1
ANDRÉ, virement, en passant devant Georges.
Le saisissement... le chagrin nous ont coupé la parole, comtesse.
ÉVA, avec un mauvais sourire.
Oh 1 vous, monsieur de Fugères, vous riez de tout.
ANDRÉ
Ohl madame, vous comprenez, un départ ne saurait m'affecter, moi : je pars toute la vie.
GEORGES, cherchant à dompter son émotion.
Croyez néanmoins, comtesse, que nos vœux vous suivront. Vous laissez parmi nous de trop gracieuses traces de votre passage pour