‹ Les ivresses;Chapitre 84 sur 111 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

PAtJLA.

Ah!

GEORGES

Paula., est-ce que tu me boudes?

PAULA

Pourquoi te bouderai£je?

Maïs... d'abord parce qu'à peine revenu auprès de toi, voilà que je te quitte encore, et, ensuite, parce que ce mâtin,.. j'ai étéen effet, un peu brusque avec toi. Ahl Marie avait raison.

PAULA

Je sais bien ; mais ce que j'ignore, c'est la cause de cette brusquerie... Tu ne l'as pas dite à Marie, quand elle te Ta demandée.

GEORGES, embarrassé.

A Marie?... Sans doute, je ne le pouvais pas.

PAULA

Et à moi?

GEORGES

A toi!... Oh! mon Dieu, si tu l'exiges... Mais, prends-y garde, cette insistance me prouve que tu me gardes rancune, et...

PAULA

Ne cherche pas de détours, dis-moi la vérité; dis-moi la cause de toutes tes absences.

GEORGES

Eh bien, soitl (a pan.) Qu'est-ce que je vais lui dire? Ah! (Haut,) Voici ma confession tout entière. Cette nuit comme les précédentes, je me suis conduit comme un véritable émancipé, j'ai fait une fois encore l'école buissonnière. Cette nuit, enfin, je l'ai passée sottement à remuer des cartes... et, si j'ai été si brutal ce matin avec les autres, c'est que j'étais furieux contre moi-mèmç ; les hommes sont ainsi faits!

PAUL A, heureuse, et à qui la confiance revient peu à peu tout à fait. Oui, je le sais. Ainsi, monsieur, vous avez joué toute la nuit. Mais vous avez dû dévorer la dot de votre fille et celle de votre sœur!

Oui, oui, en grande partie... J'ai dû perdre quelque chose comme une vingtaine de mille francs.

PAULA, riaot.

Vingt mille francs 1 Mais c'est affreux 1 Et nous voici maintenant dans la plus profonde misère... Ah! je comprends... (raillant) les reproches sanglants que vous vous adressiez !

GEORGES

Méchante, tu me raillés... (Avec un peu d'inquiétude.) Crois-toi donc qu'il y ait autre chose?

PAULA

franchement... oui.

GEORGES, avec une feinte bonhomie.

Eh bien... tu as raison.

PAULA, vivement.

Ah!

GEORGES

Tu ne t'es aperçue de rien quand je suis rentré?

PAULA

Non.

GEORGES

Eh bien... ma chère Paula... je dois te l'avouer... pour la première fois de ma vie... j'ai été vaincu par le plaisir.

PAULA

Ah ! j'ai perdu l'habitude de nos nuits fiévreuses d'autrefois. Jadis, nous supprimions le sommeil, vu que nous n'avions pas trop

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