ACTE II, SCÈNE VI f
MARIE, COUCHÉE DANS l'ombre, Lord FINGALL, DONALD DE GLENMORISTON, GORDON DE GLENCOÉ.
LORD FINGALL, aux dcux cJiefs, CH entrant vivemcnt . Eh bien! moi, je vous dis que c'est une folie!
GORDON DE GLENCOÉ.
Nous VOUS respectons tous, miiord, profondément;
Cependant, en ceci, je suis du sentiment
De Donald. Il convient d'éclaircir cette affaire.
DONALD DE GLENMORISTON, à lord FlUgall,
Et voilà beaucoup trop longtemps qu'on la diffère. Et, pour mon compte, — il faut bien que vous y pensiez. — Je n'irai pas plus loin, avec mes tenanciers, A moins d'être très sur de servir un bon maître.
LORD FINGALL.
Le Prince — vous voulez bien, tous, le reconnaître, — Est brave, généreux, loyal...
DONALD DE GLENMORISTON
Oui, c'est certain; Mais j'ai grand peur, aussi, qu'il soit un libertin. Et nous ne voulons pas, nous, d'un Roi de débauche.
GORDON DE GLENCOÉ.
Charles deux, avec ses reines de la main gauche.
Et sa cour dépravée, et ses ruffians hideux.
Nous ont fait trop de mal et l'on se souvient d'eux.
LORD FINGALL.
Et de quoi pouvez-vous accuser Son Altesse,
Mes amis? De galante et libre politesse
Envers les femmes? Mais, quoi de moins surprenant?
Notre Prince est tout jeune; il vient du Continent;
Hier, il était encore à la Cour de Versailles.
GORDON DE GLENCOÉ
A Glencoé, pays de lacs et de broussailles, Et pays de sévère honneur, quand un mari S'aperçoit que sa femme a plusieurs fois souri A quelque beau garçon passant dev?.nt sa porte, Il ne dit rien ; mais, deux jours après, on rapporte Le beau garçon, avec un couteau dans le cœur. On voit très rarement ces actes de rigueur: Nos ménages sont bons et nos femmes candides.