ACTE 111, SCÈNE IV 8l
MARIE, h part.
11 faut mentir encore, ou le Prince est perdu.
Haut.
C'est moi.
C'est donc possible ! Un homme, elle l'avoue. Un homme a piétiné mon enfant dans la boue... Et c'est Charle- Edouard, et c'est un fils de Roi ! Mais il est sous sa tente, il dort... Conduisez-moi, Oh ! par grâce ! et mettez dans cette main tendue Un poignard, un couteau, quelque chose qui tue!... Mais ils l'entoureront tous, en le préservant, Ceux-là qui m'ont laissé maudire mon enfant !... Ma fille!... Et je n'ai qu'elle!... Une fleurd'innocence!... O fureur, désespoir affreux de l'impuissance ! Dieu ! rends-moi mes regards, brûlés de pleurs de sang. Pour un jour, un seul jour!... O Dieu, toujours présent. Qui portes en tes mains les foudres éternelles, Lance un éclair, remets la flamme en mes prunelles. Que mes yeux pour frapper puissent guider mon bras! Un miracle I... un miracle!... ou tu n'existes pasi
LORD FINGALL.
Angus! mon pauvre Angus !
ANGUS
Ah ! pas de pitié vaine, 5»
8i LES JACOBITES
Vous autres ! Je n'ai plus pour vous que de la haine. Laissez pleurer la fille et blasphémer l'aïeul. Hors d'ici, tous! Je veux avec elle être seul.
LORD FINGALL, (lUX deUX cJiefs.
Il a raison. Venez.
Lord Fingaîl , Donald de Glenmoriston et Gordon de Glencoê sortent.
SCÈU^E V ANGUS, MARIE, puis DORA.
MARIE
Seuls !... Grand-père, bien vite Pardonnez à l'enfant que vous avez maudite. Je puis parler.,. Enfin !... Lord Fingall est parti... Père, je ne suis pas coupable. J'ai menti !
ANGUS
Que dis-tu ?... Tout ceci n'est donc qu'un rêve infâme?.
MARIE
J'ai menti ! j'ai menti !