ACTE 1, SCÈNE II
Et moi, te repoussant, honte qui sur nous tombes, Je maudis les aïeux et crache sur leurs tombes!
Un vieillard j aveugle et vêtu de haillons ^ la main appuyée sur l'épaule d'une toute jeune fi lie y apparaît en haut du sentier qui descend près de l'église. Duncan l'aperçoit.
L'aveugle !... Ah ! celui-ci, du moins, va, mieux que moi, Leur parler chaudement de l'Ecosse et du Roi.
SCÈIK^ Il Les iMêmes, ANGUS, MARIE.
ANGUS
Faites la charité! C'est l'aveugle qui passe.
Angus !
ANGUS
Les vieux corbeaux croassent dans l'espace. Comme ils sont enroués I Est-ce de sang humain?
ROBIN, au vieil Enoch .
11 me fait peur!
ANC US, Cl Marie.
Enfant, montre-moi le chemin...
Suis-je au milieu des fils de Fingall?
MARIE
Oui, grand-père.
ANGUS
Jadis, c'était un clan très riche et très prospère;
Comme toute l'Ecosse, il doit être appauvri.
iMais que demandons-nous? Du pain, un humble abri.
Faites la charité I Si, dans sa main tendue.
L'aveugle ne voit pas l'aumône répandue
Et vous dit mal merci du secours qu'il reçoit,
Faites la charité quand m.ême. Dieu vous voit!
Par ses yeux qui ne sont obscurcis d'aucuns voiles.
Le jour par le soleil^ la nuit par les étoiles !
DUNCAN
Pourquoi tendre la main et pourquoi mendier, Angus> Nous mettrons tous une bûche au landier Et, pour t'y faire asseoir à côté de ta fille, Nous marquerons ta place au repas de famille; Car, parmi les Fingalls, il n'en est pas un seul Qui dans chaque vieillard n'honore son aïeul. Viens chez moi! L'âtre flambe et la table est servie. Mais viens-y pour finir paisiblement ta vie ; Promets-nous de ne plus livrer le lendemain