‹ Les Jacobites; drame en cinq actes en vers, représenté pour la première fois sur le théatre national de l'Odéon, le 21 novembre 1885Chapitre 4 sur 80 · L.j cloche sonne. De nouveaux ?nontagnards entrent · texte numérisé non relu

L.j cloche sonne. De nouveaux ?nontagnards entrent

ROBIN

Voici le premier coup de l'office divin.

Tous les Fingalls seront ici dans un quart d'heure.

DUNCAN, h lui-même.

Noble race, la plus célèbre et la meilleure

De l'Ecosse ! O Fingalls, ô vaillants bonnets bleus.

Qui descendez, dit-on, des vieux Rois fabuleux,

Vous qui dans le passé tenez si large place,

Vous, fameux dès les temps de Bruce et de Wallace,

Pour votre audace et pour votre orgueil de démons,

Fiers chasseurs qui passiez de longs jours sur les monts,

Vous nourrissant, auprès de l'aigle et de la foudre.

D'un morceau de daim cru, salé d'un peu de poudre;

Bouviers qui terrassiez, forts comme des héros,

En les prenant par les deux cornes, vos taureaux;

Marins vieillis en mer, qu'on voyait dans la brume.

Mêlant vos cheveux blancs aux blancheurs de l'écume;

Aïeux dont les hauts faits nous semblent des défis,

Les Fingalls d'à présent ne sont-ils pas vos fils?

Nos mères, je le sais, quand on sortait du temple,

Nous montraient vos tombeaux, nous vantaient votre exemple

Et, sentant votre esprit dans nos corps palpiter,

Nous jurions de vous suivre et de vous imiter.

Mais, si nous n'avons plus votre fierté sauvage,

Si nous sommes réduits vraiment en esclavage,

Si notre libre nuque au joug a consenti,

O Fingalls 1 c'est qu'alors nos mères ont menti,

Et c'est qu'apparemment nos conquérants infâmes

Ont séduit ou forcé vos filles et vos femmes !

Oui, si l'on n'aime plus l'Ecosse et les Stuarts,

Si l'on ne se bat point, nous sommes des bâtards 1

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