Fontaine, M6moires, t. i. p
Nous pourrions demander a M . Sainte-Beuve ce qu'il pense de la mesure et de la v6rit6 de ce langage, et pourquoi il n'a pas un mot de blame pour ces exces, lui qui s'indigne d'entendre le P. Brisacier appeler, pr6cis6menl a l'6poque ou nous sommes, les religieuses de Port-Royal Vierges folks, impenitenles, incommimiantes, et meme Callaghanes ! du nom de M. de Callagbane, un de leurs amis d6vou6s, comme il s'indignait autrefois centre le P. Nouet dont l'61oquence se laiss.a aller a. des mots peu 616gants , comme il s'indignera plus tard contre le P. Meynier, assez os6 pour pr6tendre que le jans6nisme ruinait le mystere de Flncarnation ? II nous r6pondrait peut-tre encore ce qu'il ecrivait, en un jour de sincerite, a M. Gorini.
Ne Fobligeons pas a renouveler cet aveu ; plagons plut6t a c6t6 des accusations d'intrigue, de manoeuvre que Fontaine fulmine avec Findignation d'un croyant de Port-Royal, et que M. Sainte-Beuve formule froidement, comme il sied a un sceptique, une citation du P. Rapin qui les refute victorieusement. Le P. Rapin parle de F6clat avec lequel les deputes jansenistes paraissaient a Rome, et il ajoute : L'on ne voulait faire du bruit que pour marquer avec plus de faste la bonne opinion qu'on avait du succes de cette affaire, dont on venait tte levee poursuivre le jugement par une deputation si celebre et par 1'empressement qu'on faisait paraitre de vouloir &tre jug6. Mais Dieu, qui, par des ressorts secrets de sa providence, va a son but avec sa douceur et sa force ordinaires, se servait de la vanit6 de ces gens-lii pour les aveugler en les faisant eux--memes solliciteurs d' une. decision sur les propositions dont il s'agissait, qu'ils appreliendaient comme l'6cueil ou la nouvelle doctrine devait 6chouer. Car la deputation des docteurs jans^nistes r^veilla les esprits des personnes z616es pour la religion et les fit penser a une deputation de docteurs catboliques pour rint6rt de 1'Eglise. Ce qui fut une disposition pour engager le pape a connaitre le fond de cette affaire, et pour imposer silence aux deux parties par une solennelle decision, ainsi que nous verrons dans la suite (1).