‹ Les Jansénistes du XVIIe siècle [microform]Chapitre 107 sur 217 · Rapin, Mdmoires, 1. 1, p · texte numérisé non relu

Rapin, Mdmoires, 1. 1, p

II nous faut suivre les cardinaux et les consulteurs dans leurs

travaux pour preparer leur jugement doctrinal du Souverain

Pontife, et les Jansenistes de Rome et de Paris dans leurs intrigues pour faire triompher leur cause.

La raort du cardinal Roma retarda la premiere congregation, qui n'eut lieu que le 24 septembre 1652, chez le cardinal Spada. Gomme toutes les congregations qui se tinrent jusqu'au 20 Janvier 1(552 offrent a peu pres la meme physionomie, nous dirons seulement comment les choses s'y passaient, sans entrer dans le detail de chaque seance. Ainsi que nous 1'avons vu, on avait fait connaitre aux deputes qu'ils pouvaient plaider leur cause soit de vive voix, soil par ecrit, mais en meme temps on leur avait declare" qu'on ne les entendrait pas contradictoirement et qu'on ne leur communiquerait pas non plus, pour les

refuter, les memoires qu'ils donneraient pour eclairer les exa-

minateurs. A cette decision, qui prevenait d'interminables disputes dans le present, on en joignit une autre, qui ne leur permettait pas d'en soulever plus tard : on resolut d'examiner les cm:/ propositions en elles-memes et dans le sens de

Fauteur d'oii elles avaient e"te tire'es, puisque c'etait le livre

de Jansenius qui avait excite les troubles, Une fois ces resolutions arretees, voici comme on proceda: onlisaitla proposition qui devait faire I'objet de la seance. Les consulteurs, par rang d'age ou de digniie, la tournaient, comme dit le P. Rapin, dans tous les sens dont elle pouvait etre susceptible, et finis saient par la qualifier. Us ne menagerent ni le temps, ni leurs voix ; ils etaient tous de fort habiles gens,ils voulurent donner des preuves de leur sufflsance aux cardinaux. Peut-etre affecterent-ils trop de se faire paraitre ; mais cette affectation ne devait nullement etre suspecte auxinteresses, qui n' avaient pas lieu de trouver a redire a la diligence de ceux qui examinaient ces propositions, puisqu'elles n'allaient qu'a en chercher le v6ritable sens (1). Un secretaire, Albizzi, 1'assesseur du Saint- Office, ecrivait sur un registre les qualifications donnes aux

propositions par chaque orateur. II serait trop long de les 6num6rer, car vingt sessions n'epuiserent ni le zele, ni 1'eloquence des theologiens consulteurs. Remarquons seulement avec le

R. Rapin, qu'un j^suite, Palavicin, fut de tous les consulteurs celui qui traita la doctrine de Janse"nius le plus favorablement.

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