‹ Les Jansénistes du XVIIe siècle [microform]Chapitre 108 sur 217 · Rapin, Memoires, i. 2, p · texte numérisé non relu

Rapin, Memoires, i. 2, p

Cejesuite, Men loin d'opiner dans le sens de Molina, s'en

6carta en tout ; il n'eut meme aucun egard aux sentiments or-

dinaires de sa compagnie. C'etait un esprit particulier, sujet & des idees, qui se piquait de dire et de penser autrement que

les autres.

Pendant que les cinq propositions etaient ainsi examinees avec une attention scrupuleuse et une souveraine impartialite, les Jansenistes, pour sauver laveritectconfondre les mediants, deployaient 1'esprit d'intrigue dontiis etaient largement doues.

Us inventerent tous les moyens d'opposition que les heros du

liberalisme ont rajeuni a 1'epoque du Goncile du Vatican. On a fait remarquer ce trait de ressemblance entre les defenseurs opiniatres du liberalisme et ceux da -iansihiisme, qu'ils se pretendent catholiques malgre le pape qui les con-

damne. Ge trait n'est pas le seul : ainsi pour ceux-ci et pour

ceux-la, leur doctrine est un fanldme invente par la haine de leurs adversaires, et 1'article le plus important et le mieux

observe de leur reglement est de se louer fort les uns les autres.

Yoici un atitre trait de famille. Les grands homines du liberalisme demandent a la veille du concile la publicite, la liberte des discussions, la lutte a visage decouvert. Et ils mettent des

masques, s'engagent dans de tenebreuses intrigues, ne montrent que rarement leur vrai visage et leur vrai nom ; ils se

donnent lous les caracteres d'une secte(i). Les grands hommes

du jansenisme reconnus aussi de race leonine, pugnace et genereuse (2), ne parlent que de defendre la verite, en discussion publique et solennelle, par la seule force de leur eloquence et de leur science, de sacrifler de bon cosur toutes cho-

ses d'ici-bas pour son triomphe ; ils somment leurs adversaires de se decouvrir, et sont toujours prets a s'ecrier :

Et combats centre nous a Ja clarte des Cieux ! Mais au moment de la lutte, ils n'emploient d'autres armes

que la ruse, la flat terie, 1'appel au pouvoir s6culier, des articles de gazette, des factums, des remontrances, des memoriaux remplis d'injures, de fausse science et de calomnies.

1. Mgr Plantier, eyeque de Mimes, Lettre pastorale sur la definition dogmatique de L'infaiUibiiit6 du Souverain Pontife.

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