‹ Les Jansénistes du XVIIe siècle [microform]Chapitre 109 sur 217 · Fort-Royal, t. II, p · texte numérisé non relu

Fort-Royal, t. II, p

Rome vit pendant pres de deux ans ces Hercule et ces Ajax manoeuvre? pour entraver le jugement que le monde Chretien

attendait du Samt-Si6ge. La manosuvre fat habile, vigoureuse, prolonged. Comme on pourrait s'y meprendre, j'avertis que nous sommes a Rome, en 1652-1653 et non en 1870. Nous

avoDS deja signal^ la prevention des pr61ats augustiniens et de leurs deputes de tracer au Saint-Pere les regies a suivre dans 1'examen des cinq propositions. Us voulaient absolument imposer a Innocent X le mode de discussion publique et contra-

dictoire adopte par Clement VIII dans 1'affaire deAiixUMsM&me lorsque le cardinal Chigi, fatigue de leurs reclamations, leur eut adress6 cette severe, mais juste parole : a Est-ce a vous a imposer la loi a vos juges? ils continuerent d'insister.

... Tous Messieurs les prelats, e"crivait l'e\eque de Chalons aux deputes jansenistes, vous conjurent de demeurer fermes, c'esta-dire de ne parler jamais qu'en presence, et de ne donner

d'e"crits que dans les formes observers dans les congregations de Aucciliis. Ils se reposent sur votre prudence et votre courage ordinaires (1). ... Ils vous recommandent, ajoutait le docteur Sainte-Beuve, d'etre forts et intrepides jusque dans les ex-

tremites (2). Quelquefois on se radoucissait, et 1'on^melait des hommages aux conseils adresses de Paris au Souverain Pontife. Quoique la preeminence du Saint-Si^ge de Rome soit assez grande d'elle-meme pour n'avoir pas besoin de ces sortes de consultations, quand il s'agit de porter son jugement touchant des dogmes de tres-grande importance, nous esperons n^anmoins que le Saint-Pere aura beaucoup d'6gard aux circonstances presentes et qu'il consid^rera moins en cette rencontre la rigueur exacte de son droit que Futility de toute 1'Eglise et le besoin de calmer dans tous les siecles futurs ces orages et ces tern petes (3).

Les Jansenistes qui savaient que les disputes solennelles permises par Clement VIII n'avaient point abouti a une decision doctrinale du Saint- Siege, ne demandaient a les renouveler que pour arriver au mme r6sultat n6gatif. Ils espe~raient aussi gagner du temps grace & ces disputes que leur inepuisable eloquence aurait 6ternis6es. Or gagner du temps, c'6tait gagner leur cause. II y avait entre la cour de Rome et la cour de

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