‹ Les Jansénistes du XVIIe siècle [microform]Chapitre 113 sur 217 · Rapin, Memoires, t. I, p · texte numérisé non relu

Rapin, Memoires, t. I, p

turns qu'ils repandaient partout, et dans les requites qu'ils adressaient au Soaverain Pontife. Us distribuaient a Rome le livre de la Grdce victorieuse de Lalane, et des m6moriaux ofo ils v debrouillaient toutes choses y> a leur maniere. Comme leurs memoriaux leur tenaient au coeur, raconte le P. Rapin, Saint- Amour alia le jour de la fete de saint Hilaire a 1'antichambre du Pape pour se plaindre de ce qu'on ne leur faisait pas de justice ; il y trouva 1'eveque de Borgo, le commandeur du Saint-Esprit, le sacristain de Saint-Pierre, et quelques autres personnes de sa connaissance ; il leur dit avec sa hardiesse ordinaire qu'il avait lu le matin dans les legons de son breviaire que saint Hilaire etant a Constantinople, et voyant 1'Eglise attaque avec bien de la violence par les Ariens, pre"senta a 1'empereur trois m6moriaux pour lui demander une conference avec eux; que lui et ses collegues faisaient la meme demande au pape ; qu'Hallier et ses collegues, semblables aux Ariens, qui avaient plus de credit a la cour de 1'empereur que de capacite, ne voulaient point de conference. G'est ainsi que Saint-Amour se comparait sans fagon a saint Hilaire, et ses adversaires a Valens et h Ursacius, 6veques Ariens, pour se donner du succes. Et tout cela ne lui r6ussissait pas (1). Effectivement, Lagault e"crit le 3 fe>rier 1653 : Messieurs les jansenistes ont presente plusieurs memoriaux au Pape et lui ont fait demander s'il y avait re"pondu. II repartit : Que veulent-ils que je reponde a des injures? Ges memoriaux ne sont pleins que d'injures contre M. Albissy, les Jesuites et les docteurs qui sont venus contre eux.

Aux mensonges, aux injures, Port-Royal joignit la theorie de Y inopporiunite et fit entrevoir les perils qu'amenerait la condamnation des cinq propositions. G'est le docteur Sainte-Beuve qui les signale avec un zele sous lequel se cachent les plus d6loyales et les plus perfides provocations.

II faut, disait-il, menager les docteurs de Paris. II n'est pas necessaire d'aliener les esprits de ceux qui ont toute la devotion possible pour le Saint-Siege, ce qu'on fera sans doute si on ne leur fait pas

justice On risque de les porter a se liguer avec les Richeristes

II y a bien des personnes qui sont fort peu affectionnees vers le Saint Siege, qui souhaitent qu'on ne nous conserve point la justice, pretendant par la nous attirer a leur parti. Pour moi, j'espere que Dieu ne nous abandonnera pas jusqu'a ce point, mais je ne sais si cela

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