Rapin, Memoires, t. 2, p
ne diminuerait point de beaucoup la haute estime qu'on doit avoir pour
ce qui emane d'un trone si venerable (1) Si ce dont les Molinisles
se vantent est -veritable, ce sera une cles choses les plus desavantageuses au Saint-Siege, et qui diminuera dans la plupart cles esprits le respect et la soumission qu'ils ont toujours conserves pour Rome, et qui
fera incliner beaucoup d'autres dans les sentiments des RicMristes
Souvenez-vous que je vous ai mancle il y a longtemps, que de cette decision dependra le renouvellement du Richerisme en France, ce que je crains tres-fort (2).
II ne manquait plus a nos Messieurs que de soulever en leur faveur centre le Saint-Siege les susceptibilites de 1'Etat. Pour y arriver, ces grands Chretiens, ces grands caracteres, employerent un moyen bien miserable. Les billets portes aux cardinaux commissaires et aux consulteurs, par les officiers du Saint-Office, pour 1'indiction des assemblies, etaient ainsi concus : Die lunse.... Januarii erit congregatio Sancti Ofjicii in palatio E. R. D. card- Spada. Us prirent copie du billet du gnral des Augustins, et, pour en avoir un original, ils firent arracber en secret celui qui etait attacb6 a la porte du cardinal Chigi. Ils envoyerent aussitot eu Prance cette piece capitale ; la congregation etablie pour examiner les cinq propositions y 6tait appelee Congregation du Saint-Office : la France pouvait-elle accepter le jugement d'un tribunal qu'elle ne reconnaissait pas? Pouvait-elle ne pas reclamer contre un pareil attentat aux glorieuses libertes de son eglise ? Jer6me Bignon, avocat general du Parlement de Paris, fut averti de veiller sur ces libertes menacees. Saint-Amour fut cbarge de faire entendre au Pape qu'on veillait au capitole du Gallicanisme, et qu'en vain la congr6gation du Saint-Office rendrait ses arrets. Taigner lui ecrivait :
Nous sommes d'avis que, quand Ton vous presserait sur la congregation, vous remontriez que vous vousetes adresses au pape pour obtenir de Sa Saintete une decision qui fut recue sans aucune contestation des parties, ce qui ne pourrait pas etre apres tout ce que les Jesuites ont dit des decrets du Saint-Office et de 1'lnquisition, si le Saint-Office s'engageait dans 1'examen cles cinq propositions... De plus, que vous etes aussi obliges de remontrer que la decision qui viendrait du Saint-Office serait sujette a etre infirmee ou au moins meprisee, puisque la juridiction du Saint-Oifice n'est pas sans contestation dans la France, et