Rapin, jt&moires, t. 2, p. 67 3. Lagault, lettre XXXI
calotte... (1). Tout le monde s'etonne ici de la patience du pape a son <ige, et je ne puis dire autre chose que c'est Dieu qui agit extraordinairement en cette affaire. Le pape prend un tel plaisir a entendre parler de ces matieres qu'il les etudie tous les jours ; il ne parle que de cela et il faut le retirer par force des congregations ; il en a voulu faire deux jours de suite. Vous vous etonnez peut-etre de la longueur ; si vous aviez un peu pratique dans 1'Italie, vous ne vous etonneriez pas. Us sont etonnes ici de la diligence qu'on apporte a cette affaire et protestent qu'elle est tout extraordinaire... On nous fait entendre qu'apres la semaine de Paques le pape nous appellera les uns et les autres pour nous entendre. Je ne doute pas que nos adversaires feront ce qu'ils pourront pour retarder. Us feront comme les gens qui craignent de perdre un proces et qui font toujours de nouvelles productions pour empecher le jugement... (2).
Lagault, en envoyant a Paris ces details consolants et glorieux, recoramandait de ne pas les publier. Gependant Port- Royal ne les ignoraitpas et ses alarmes redoublaient. Ilenvoya la Rome deux nouveaux deputes, le P. Desmares et Manessier. G'est une belle equipee, disait Lagault, d'envoyer ici deux personnes a qui le roi a d6fendu les cbaires a cause qu'elles prechaient le janse"nisme ! Pensent-ils etre mieux regus ici pour cela ? Desmares et Manessi er apportaient de nouvelles instructions que nous retrouvons dans les lettres 6crites de Paris par le docteur Sainte-Beuve. Voyant bien qu'ils ne pouvaient empecher la bulie de paraitre, ils voulurent du moins qu'elle fut congue en termes prudents, qu'elle ne donnat lieu a personne de s'enplaindre, et que Port- Royal PUT ETRE CONTENT et maintenir hautement la definition du pape.
J'ai charge de vous maader que s'il arrivait qu'on fit une bulie qui condamnat les Propositions sans les distinguer et mettre hautement a convert le sens de la grace efficace, que vous fassiez toutes les instances et poursuites possibles pour faire que le pape s'explique... C'est ce que Messeigneurs les prelats m'ont commande de vous ecrire fortement ; et particulierement de joiudre avec vous tant que faire se pourra tous les disciples de saint Thomas. Car il ne sera point dit qu'on nous opprime injustement, qu'apres avoir malicieusement forge des propositions pour nous noircir, on couronne cette malice par une bulie equivoque, et que nous nous en taisions.