‹ Les Jansénistes du XVIIe siècle [microform]Chapitre 116 sur 217 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

rinvocation du Saint-Esprit, et declaraal'assembl6e qu'il avait appris avec quel soin et quelle application les consulteurs avaient examin6 et qualifie les propositions ; qu'il s'etait fait lire leurs sentiments et qu'il s'etait informe de tout ce qui s'6tait passe dans la congregation ; que maintenant, pour la consommation d'une si iraportante affaire, il se croyait oblige de les ou'ir en personne, pour ne pas donner lieu aux mecontents de dire qu'on 1'eut surpris, en s'en rapportant a la bonne foi des autres, et qu'on lui en eut fait accroire, afin qu'apres les avoir tous entendus, et apres avoir implore 1'assistance du Ciel par les prieres qu'il avait ordonnees par la Yille, il put etre en 6tat de rendre le calme a 1'Eglise par la decision que les prelats de France et une grande partie de la chretiente attendaient avec impatience pour 1'interet de la religion (1). En moins d'un mois, du 10 mars au 7 avril, dix congregations furent tenues sous la presidence du Pape..

II y avait dans 1'activite infatigable de ce vieillard quelque chose de surnaturel qui frappait d'admiration les deputes catholiques :

C'est une espece de miracle qu'un pape de quatre-vingts ans passes, se suit resolu de lui -meme de prendre, parmi toutes ses occupations, deux jours de la semaine pour travailler a cette affaire et d'y employer trois heures et demie chaque fois. La premiere fois, apres avoir entendu sept consulteurs, il voulait entendre tous les autres. si on ne 1'eut avert! que cela pourrait prejudicier a sa sante. II a dit a M. 1'ambassadeur sur ce sujet qu'il se contraiudrait incessamment a travailler, qu'il s'estimerait tres-heureux de mourir pour la foi, et qu'il ne ferait point difficulte par consequent de prodiguer sa vie et sa sante pour une telle affaire. Aussi y travail! e-t-il avec un zele et une patience incroyables. II est attentif a tout ce qu'on lui dit, n'interrompt personne... II s'est re'solu de mettre manus ad radicem, et nous esperons bien que Jansenius y sera condamne pleinement... (2). II continue toujours avec le meme zele et empressement. II dit a M. 1'ambassadeur, a la derniere audience, qu'il avait grande compassion de ces trois pauvres docteurs qui attendent ici si longtemps a leurs depens ; qu'il ferait tout ce qu'il pourrait pour ravancement de cette affaire ; que la derniere fois il avait encore fait apporter la chandelle, et qu'il y eut encore travaille jusqu'a deux ou trois heures de nuit, s'il n'eut eu pitie des consulteurs, dont la plus grande partie est fort agee, qui soat obliges de demeurer devant lui pres de quatre heures debout et meme sans

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