‹ Les Jansénistes du XVIIe siècle [microform]Chapitre 140 sur 217 · Fontaine, E6rtwires, t. in, p · texte numérisé non relu

Fontaine, E6rtwires, t. in, p

3 Nicole, Trailt de la grace generate, I partie, t. iv.

* yeux bleus, sa taille mediocre, son air paciflque, sa voix douce, son naturel timide, ne laissait pas que d'avoir bee et ongles pour se deTendre et pour attaquer. II appelait Pascal un ramasseur de coguilles, les Messieurs, les dames, les religieuses demeur6s inflexibles, ces Troyens et ces Troyennes a, la, robe tratnante ; il tournait en ridicule la devotion des p6nitentes de M. de Sacy pour les reliques de leur saint directeur ; il se moquait des preiendues gu6risons miraculeuses obtenues par 1'intercession de M. de Pontchateau ; et, quand il faisait le tour du monde jans6niste, de son petit bateau, il lancja centre les n6tres plus d'un trait finement aiguis6. Les n6tres riposterent ; les siens dissimulerent le plus possible. Les JansSnistes, dit M. Sainte-Beuve, ont, le don du secret, De ces querelles de famille et de ces troubles du Desert rien ne transpirait au debors. L'altiance dtroite avec Arnauld couvrait tout. Nicole ne laissait pas d'etre son aide de camp fidele, inseparable, et indispensable (1).

Avant de raconter les exploits du g6n6ral et de son aide de camp, p6netrons encore un moment, cette fois a la suite d'un ami, dans leur cbateau fort de Hie Saint-Louis ou de la rue de la Verrerie. On ne s'imagine assez ge"neralement les Jans6nistes qu'avec de grandes robes et comme des -personnages toujours graves et serieux, ainsi que dit Pascal de Platon et d'Aristote. On se trompe. Eux aussi 6taient d'bonn&tes gens qui riaient comme les autres avec leurs amis. Ge n'est pas le m6disant P. Rapin qui nous 1'apprend, c'est le bon Fontaine :

...... M. Le Maitre disait de Nicole qu'il faisait de frequents voyages

dans Vile des abstractions ; et cent fois nous avons eu le plaisir de voir qu'allant a sa chambre, au lieu d'en ouvrir la porte, il allait ouvrir la porte d'un lieu de commodite qui en etait assez proche.

Je ne sais comment un jour, en parlant de faire un lit, M. Le Maitre, qui voyait son inapplication a ce qu'il faisait, lui dit qu'il niettait en fait qu'etant abstrait comme il 1'etait, il ne pourrait jamais venir a bout de faire un lit. M. Nicole fut surpris de cette proposition, se piqua d'honneur sur Theure ; et rappclant en lui-meme tout ce qu'il avait de presence d'esprit, il entreprit, comme un grand Opera, la fatigue de faire son lit, voulant me'me nous avoir pour temoins de son savoir-faire. Nous le regardions tranquillement. II est vrai qu'il faisait

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