Henri Marlin, Hisioire de France, I. xii, p
tMe, il meritera qii'on doute s'il est ne de femme (1). Le coeur ne se d6veloppe tout a fait que sous le rayonnement de 1'amour raaternel. S'il ne connut pas la chaude lumiere qui jaillit de i'dme d'une mere, Pascal vit de bonne heure 1'austere genie de la science 1'inonder de ses clartes et le devorer de ses ardeurs. De la sorte, tandis que son coeur restait comme un germe enfoui dans une terre priv6e de soleil, son esprit dou6
d'une merveilleuse fecondite arrivait presqiie tout a eoup a son complet 6panouissement. A douze ans, il 6pouvantait son pere, savant math6maticien, par un vrai prodige : il avait demontre seul la trente-deuxieme proposition d'Euclide, dont on
lui donna des lors les elements a lire a ses heures de re"cr6ation. A seize ans il composa (en prenant, il est vrai, presque tout de M. Desargues, dit Descartes) son petit Traite des Sections coniqucs. A dix-neuf ans il inventa la fameuse machine arithmetique qui porte son nom. A vingt-quatre ans il publiait ses Experiences nouvelles touchant le vide.
Les J6suites contesterent a Pascal ses experiences et le m6rite de ses dacouvertes. Le P. Noel 6crivit ^. Paris son traite, le Plein du Vide, u pour venger, disait-il, dans sa d6dicace au prince de Conti, la Nature accuse de vide. Ses confreres de Clermont-Ferrand, avec moins de bizarrerie et plus de verit6, firent soutenir des theses dans lesquelles on accusait le jeune savant de s'etre attribu6 les travaux de 1'Italien Torricelli. Descartes acheva de depouiller Pascal de la gloire qu'il avait rapporte des sommets du Puy-de-D6me. G'est moi, 6crivit-il, en 1649, a. M. de Carcavi, qui 1'ai avis6 il y a deux ans de faire cette experience, et qui 1'ai assure que Men que je ne 1'eusse pas faite, je ne doutais pas du succ6s. Pascal, dit un de ses historiens, <c meprisa cette reclamation ou n'y fit aucune r6ponse . II tait beaucoup plus facile de mepriser que de r6pondre. Pascal fut beaucoup plus sensible aux attaques des reverends peres. II sembla a nos Messieurs que la Societe provoquait la guerre sanglante qu'il lui fit quelques annees apres (2). II nous semble, en efTet, que, sous air de venger la v6rite et la morale jansenistes, les Provinciates feront payer aux defenseurs de la grace suffisante la dette des defenseurs de