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Henri Martin, Sisloire de France, t. xn, p

fiance qu'elle avait en lui (1). Quancl Pascal fut mort, sa vocation religieuse, dont M. Singlin repondait, s'Svanouit bientot. Elle resta un an juste le temps sans doute de laisser repousser ses cheveux enfermee avec ses breviaires, ses livres de lecture et ses tendres souvenirs ; puis elle vit le monde et pensa a se marier. Elle 6pousa M, de la Feuillade.

Une fois d6cid6 a changer de vie, Pascal eut a passer par tous les degrds d'une veritable initiation avant d'etre admis au bienheureux Desert, parmi les penitents. Le plus difficile fut de lui faire accepter M. Singlin pour confesseur ; un pr^tre de sa paroisse lui paraissait suffire.

... Je vis clairement, dit la soeur Sainte-Euphemie sa premiere directrice que ce n'etait qu'ua reste d'independance cache dans le fond du cceur qui faisait arme de tout pour eviter un assujettissement qui ne pouvait etre que parfait dans les dispositions ou il 6tait... Je me contentai de lui dire que je croyais qu'il fallait faire pour le medecin de Tame comme pour celui du corps, choisir le meilleur ; qu'il est vrai que 1'eveque est notre directeur naturel, mais qu'il n'etait pas possible a celui de Paris de 1'etre de tous ses diocesains, ni meme aux cures, ni meme aux pretres des paroisses, quand ils seraient capables de 1'etre de quelqu'un ; (pourquoi done nos Messieurs bldmaient-ils les Jesuites de confesser ?} que lorsque M. de Geneve avait conseille de choisir un. directeur entre dix mille, c'est-a-dire tel qu'on le prelererait a dix mille, lui qui etait eveque et grand zelateur de la hierarchie n'avait pas pretendu borner le choix de chaque personne dans les pretres de sa paroisse.

Pascal accepta M. Singlin. Ce fut alors a M. Singlin a faire des difficult6s.M.de Saint-Gyran lui avait appris vqu'il faut que Dieu change le cceur le premier et le renverse avant que le pretre entreprenne d'absoudre I'dme, bien plus, avant qu'il cntreprenne de la recevoir a penitence (2).

II ne put cependant r6sister longtemps aux bonnes raisons qu'il eut de ne pas laisser perir des mouvements si sinceres et qui donnaient tant d'esperances d'une licureiise suite. Pascal voulut aussitot aller trouver son directeur, qui etail alors aux Champs pour prendre quelques remedes. II pensait d'y aller dans le plus grand mystere, en changeant de nom. en laissant ses gens dans un village voisin, en preiextant un

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