‹ Les Jansénistes du XVIIe siècle [microform]Chapitre 164 sur 217 · Sainte-Beuve, Port-Royal, t. in, p · texte numérisé non relu

Sainte-Beuve, Port-Royal, t. in, p

dans I'univers un de ces billets. Les princes lui ecrivaient avec orgueil. Mais quand la foudre eut gronde, quand il fallut se deVouer a 1'erreur ou a la ve'rite', donner a Fune on a 1'autre sa parole, sa gloire, son sang, ce bonhomme eut le courage de demeurer acad6micien, et s'eteignit dans Rotterdam, au bout d'une phrase 61oquente encore mais me'pris6e (1).

La religion de Fcnelon, a I'Stablissement de laquelle Pascal a une grande part, ne gene pas trop la morale des honnetes gens. Selon 1'idee coulante que s'en fait M. Sainte- Beuve, c'est une devotion humaine et traitable. On 1'honore, dit-il, on la salue et Ton s'en passe (2). Et Ton garde autour de soi, j usque dans sa vieillesse, une grande quantit de femmes, comme le sultan Saladin (3) ; et Ton celebro le vendredi-saint en mangeant avec ses amis un faisan truffe (4).

Voila done le chemin parcouru par les Provinciates ; elles partent d'un Eloquent mensonge et aboutissent a I'incredulit6 que Nicole appelait justement la grande he"resie des derniers temps. Les austeres Chretiens de Port- Royal n'ont pas dequoi tant applaudir. Certes, si le beau est la plendeur du vrai, il laut avouer que, meme au seul point de vue litte"raire, le chefd'oeuvre de Pascal ne merite pas toute Fadmiration qu'on lui prodigue. Les Provinciates ont au plus haut degre cette beaute artificielle qui nait des qualites du style, qui ne s6duit que

Page 1