‹ Les Jansénistes du XVIIe siècle [microform]Chapitre 184 sur 217 · Lettre xxx aux religieuses de P.-B.oyal · texte numérisé non relu

Lettre xxx aux religieuses de P.-B.oyal

Babylone. La reponse qu'ils fireat au roi est notre regie pour nous faire allier ensemble la foi que Dieu nous peut delivrer et la resolution qu'encore qu'il ne le fasse pas, nous rfadorerons pas Vidole du formulaire. Une autre fois j'ai tire le songe de Nabuchodonosor qu'il voulait qu'on devinat, et qu'ensuite on lui en dit 1'interpretation. II me semble que ce qu'on nous demande a du rapport a cela, car on veut que nous parlions avec science d'une chose que nous ne savons pas, en nous servant de ces mots : Je crois et je confesse de ctmr et de bouche, etc. ; et Interpretation de tout cela est fondee sur la revelation qui en a etc faite au pape, et qui nous a ete proposes en notre chapitre comme une verite constante (I).

La m&re Du Fargis, de la meilleure ecole de Port-Royal (2), raeontait & ses soeurs des songes comme ceux-ci :

II me semblait que j'etais avec quelques sceurs et que je parlais des affaires avec beaucoup de crainte dans 1'attente de quelque grand malheur. Je disais entre autres choses que j'aurais voulu parler a quelqu'un qui me put eclaircir les doutes que j'avais dans Pesprit touchant la signature, et en parler a M. d'Ypres lui-meme. II y eut une soeur qui me repondit que cela n'etait pas difficile, qu'il etait ici et parlait a toutes celles qui voulaient Taller voir. Je m'en allai aussitot dans le parloir de sainte Agnes ou il etait. Plusieurs soeurs se pressaient pour lui parler. J'attendis mon tour. II disait a chacune en particulier une parule de 1'Ecriture que j'entendais distinctement ; il dit a une : Celui qui perseverera jusqu'a la fin sera sauve ; et a une autre : Celui qui vaincra aura la couronne. Quand toutes les soeurs furent sorties, il me dit qu'il voulait m'entretenir plus a loisir que les autres. Je me souvins en 1'approchant qu'il n'etait plus de ce monde etlui dis que je le croyais mort; il me repondit : N'appelez pas morts ceux qui habitent la terre des vivants. II y avait avec lui dans le parloir de donors un ecclesiastique debout a qui il parlait et qui avait une fagon inlerdite et d'un nomine embarrasse. M. d'Ypres parlait a cette personne avec chaleur, comme s'il eut ete mal satisfait de ce qu'il lui disait. Get ecclesiastique (sans doute un des approbateurs du projet d'accommodement de M. de Comminges) lui disait qu'il fallait avoir egard au temps, a 1'autorite des personnes qui menagaient de grands maux, et qu'il y avait des occasions ou Ton etait oblige de relacher de quelque chose. II lui repliqua avec une emotion qui parut sur son visage, qu'il ne recevait point d'excuses, et leva la main comme s'il eut voulu frapper, lui clisant qu'il etait un timide et un Idche, d'abandonner sous ces pretextes la defense de la justice. Cette personne me parut

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