Decembrel
2. Saint-dyran, dit M. Sainte-Beuve (t. I, p. 304), avait Iaiss6 en 1621 son eveque de Poitiers, et derneurait d'habitude a Paris, au cloitre .Notre- Dame, au logis de M. le sous-chantre. Saint-Cyran laissa son eveque avant 1621 et liabita d'abord a Paris ailleursque chez M. le sous-chantre. Le 17 novembre 1619, Jansenius lui ecrivait ches M. de Beauxhostes, rue de la Poterle. Saint-Gyran etait encore, apres 1'entrevue de 1621. ches Monsieur de
s, pres des Halles.
Ainsi places sous la protection de la gr&ce efficace par ellemme, sans laquelle le septieme precepte du Decalogue aurait bien pu etre impossible aux gens des chariots, les jambons paryinrent a leur destination, et Jans6nius remercia grandement son ami de lui avoir donn6cette rarete . Quand la porte de la cuisine d,e Port-Royal s'entr'puvre, on est sur de voir quelque raret6, Un jour nous entendrons les amis d'une illustre penitents, y heurter, demander tres-humblement d'entrer dans les mysteres de certaincs marmelades et promcttre une reconnaissance 6ternelle en ^change de deux assiettes de certaines confitures. Mais laissons 1'homme et retournons au he"ros. Nous le trouvons demandant un sermon pour prScher dans un des principaux monasteres des Pays-Bas, en presence de I'archev6qiie de Malines. Le sermon n'arriva pas a temps :
Ce que vous m'avez envoye touchant 1'ordre des Benedictins est venu trop tard ; ce qui est cause que j'ai fait la harangue, comme il a pleu a Dieu, sur la reformation des mreurs, suivant la doctrine de saint Augustin. Le prelat que vons connaissez y estoit present et y prit grand plaisir : il a este fort incite a cette occasion a tascher de faire evesque un qui s'appelle Sulpice (Jansenius), jusques a souhaiter qu'il fut son coadjuteur, cum successione, mais il n'a pas pouvoir de faire tout ce qu'il voudrait. Dependant je n'ay pas voulu vous cacher, comme a tout autre, cette particularite. 15 septembre 1627.
L'archeveque de Malines, en attendant mieux pour son prot6ge, le fit nommer professeur titulaire d'Ecriture sainte. La place rapportait avec la chanoinie incorporee, 7 a 8 cents florins . Cette nomination attira sur Jans6nias 1'attention de la Gour, oti certaines gens puissants sont fort inclinez a son avancement. Le prelat y laities extr6mitez jusque-ld que pour I'evdchc de Bruges la chose fust sur le point d'estre faite et le bruit en courut.
SainUGyran felicita son ami de sa bonne fortune. Mais craignant sans doute que reloquenceduprofesseurne nuisit a l'avancement que certaines gens puissants lui preparaient, il lui offre ses services, qui furent acceptes avec empressement :
... Je vous remercie fort du secours que vous m'offrez a m'acquitter plus facilement de mon devoir ; si vous avez ou trouvez quelque chose qui puisse servir, il sera tres-bien venu j je commenceray par la Genese, et poursuivray tout le Pentateucte.
Les lecjons furent applaudies, et rheureux docteur niande a Paris que le nonce lui montre une grande affection, qu'il songe m&me a le mettre sur le chandelier de la les monts en lui procurant quelque dignite au Vatican (1). Tandis que 1'ambitieux s'ouvrait aux esp6rances qui lui sauriaient du Var tican, le sectaire travaitlait dans 1' ombre a renyersep les plus fermes appuis de 1'Eglise romaine. Non-seulement Jans6nius faisait passer a Saint-Gyran tous les livres qui pouvaient Vaider & grossir les arguments h6reiiques et les diatribes de Petrus Aurelius, mais Iui-m6me venait de composer, un ouvrage en trois livres centre les J6suites. Plus avis6 que loyal, il ne voulait pas le publier en son nom ; il n'aurait pas regarde a cent florins pour le faire imprimer, s'il n'avait craint d'&tre dccouvert, saisi et visile, ce qui aurait emp^che" les gens puissants de la Gour de hater sa promotion & F6piscopat, ou le nonce de le placer sur le chandelier au del des naonts. II trouva bient6t un biais ;
II m'est venu a 1'esprit qu'il y aurait un moyen facile et as.seure, de publier les escrits de Boe'ce centre Pacuvius en les traduisant 6lo~ quemment en la langue de Celias (Saint-Cyran) car il n'y a ame au monde qui songerait alors a Sulpice (Jans.), ce qui autrement serait difficile. Et par apres on pourrait faire suivre 1' original, comme si ce fust une traduction (2).
Tout de bon, monsieur Pascal, ne vous semble-t-il pas qu'on pourrait aj outer h cette lettre de votre ami, ce postscriptum de la huitieme & un Provincial : J'ai toujours oubli6 ^ vous dire qu'il y a des Escobars de diftSrentes impressions !
Jans6nius n'oubliait pas son osuvre principale, I'Augustinus. Au mois de fevrier 1628, il terminait les huit premiers livres, c'est-a-dire, 1'histoire des pelagiens et des semi-p61agiens, et commengait les autres trait^s qui composent 1'in-folio. II y travaille, dit-il, tous les jours trois heures devant disner. II rencontre de grandes difficulty's ; c'est un cbaos qu'il ne sait comment d6brouiller. II est tres-occup6 ^ r6sumer les opinions des adversaires : il le fait tres-minutieusement, peut-6tre trop, car 1'ouvrage en devient fort long, si long qu'il en a peur. La