‹ Les Jansénistes du XVIIe siècle [microform]Chapitre 193 sur 217 · Necrologe, preface · texte numérisé non relu

Necrologe, preface

rabondamment leur revanche de I' Almanack illustre et de la Deroute de Veveque d'Ypres.

Au milieu de toutes ces fetes destinies a c616brer un odieux mensonge, les Jans6nistes eurent pourtant leur moment de franchise; car, tandis qu'ils triomphaient sur la scene et devant le public comme des gens qui ont vaillamment et noblement combattu, ils s'applaudissaient entre eux, dans les coulisses, d'avoir trouv6 Part et le secret d'escamoter la victoire. Qa 6t, 6crivait a Lancelot Fabbe de Hautefontaine, une espece de jeu de gobelets dont je me figure que je rirais bien avec vous.

Riez a votre aise, Messieurs de Port-Royal; vous avez si bien menti que le monde reconnaltra toujours en vous I'elite immortelle des honndtes gens et ne cherchera jamais que chez vos laches et cruels pers^cuteurs. les imposteurs et les fourbes. qu'il est utile de savoir jouer aux gobelets ! M. Sainte-Beuve n'6tait-il pas de cet avis ?

Les jansenistes reprennent les arraes. Affaire de 1'Universite d' Angers.

Pamphlets du P. Quesnel centre l;i Cour romaine. Mecontentemenl de Louis XIV. Port-Royal menace. Fuite de M. Arnauld. Mortdc M. de Sacy : ses funerailles scandalisent Nicole. Mori de la Mere Angelique de Saint-Jean. Partiality des jansenistes a regard de M. de Harlay. M. de Noailles archovuque de Paris. II favorise nos Messieurs. Exploits des novateurs dans le chapitre de Paris. Les Nouvellcs remargues, le Problbme eccWsiasiique. Encore le chapitre de Paris : 1'affaire des Reliques. Santeuil au saint Desert. Le cas de conscience. Decouverte des projets et de I'organisalion des jansenistes.

Analogic avec 1'organisation des francs- macons. Bulle Vineam Domini. Refus des religieuses de la recevoir sans restriction. Influence politique du jansenisme en France. La catastrophe approche. Les prophetes de malheur. Dispersion des religieuses de Port-Royal et demolition du monastere, Represailles sanglantcs des jansenistes revolu'ionnaires.

Les jansenistes avaient jou6 le Pape, le Hoi, et tous les defenseurs de 1'orthodoxie ; ils crurent les avoir d6sarmes. Us d6chirerent les premiers le trait6 de paix et d6ployerent au grand jour leur drapeau qu'ils avaient cach6 un instant, par ruse de guerre, mais qu'ils n'avaient jamais reni6. Quelquesunr s cependant, les politiques, auraient voulu que Port-Royal profitat de raccommo dement pour 6tendre sans 6clatetsans bruit le regne de la morale severe. Le Camus 6crivait a I'abb6 de Pontchiteau : Yotre sainte famille m'est souvent pr^sente devant Dieu : rien ne la pourra tirer d'affaire qu'un grand silence et oubli du monde. Les Messieurs etaient trop 61oquents pour se taire, et trop persuades de leur mission divine pour garder sous le boisseau la lumiere que Jans6nius et Saint-Cyran avait mise en leurs mains. Gomme il convenait, ce fut un membre de I'eloqucnte famille qui d'abord eleva la voix.

Henri Arnauld, eveque d'Angers, un des quatre prelats qui avaient affirme a Clement IX que leur signature du formulaire 6tait conforme aux constitutions apostoliques, publia, en 1676, une ordonnance par laquelle il d6fendait & FUniversite" de sa ville episcopate d'exiger, sans distinguer le fait du droit, le serment sur les cinq propositions. II pretendait que le serment pur et simple troublait la paix de 1'Eglise, uniquement fondee sur cette distinction reconnue et approuv6e par le Souverain Pontife. L'Universit6, qui ne s'eiait point laisse envahir paries doctrines jans&nistes, protesta contre le Mandement de 1'eveque parjure. Un arret du Gonseil d'Etat rendu au camp de Ninove, ou le roi tait alors, donna raison arUniversite. La Faculte" de the"ologie de"cida que personne ne serait admis dans son sein et ne soutiendrait des theses, qu'il n'eut signe le formulaire suivant 1'usage pratique" en Sorbonne, et que ceux qui avaient pris les degres depuis 1668 seraient obliges de le souscrire dans un mois, s'ils ne 1'avaient pas encore fait. Deux cbanoines r6guliers, un pretre s6culier des plus mutinsei six cures de campagne, qui 6taient docteurs etfort attaches i leur 6veque, s'oppos6rent seuls a cette conclusion ; elle fut 6nergiquement maintenue. Gent soixante-deux 6tudiants en theologie signerent le Formulaire ; seize refuserent, dont treize etaient Sieves d'une communaut6 qui s'etait form6e depuis peu dans la ville, sans lettres patentes, et que le Gouverneur eut ordre de dissiper, ainsi qu'une autrecommunaut6 6tablie & la Fleche. G'6taient deux succursales de Port- Royal. L'Universite d'Angers, dit un historien, eut la gloire de demeurer inviolablement liee au pape et au corps des pasteurs dans les temps les plus difficiles... II n'y en a point aujourd'hui dans le royaums dont la foi soit plus pure ou qui soit plus constamment attachee a 1'Eglise et au centre de 1'unite (1). Aussi les jansenistes affirment que la Faculty de theologie de cette ville etait la plus ignorante qui fut, dans le monde Chretien (2). Paisse la nouvelle University catholique d'Angers acquerir la celebrit6 de sa so3ur aine, retrouver ses nombreux eleves, et meriter comme elle^ par F6clat de son attachement aux pures doctrines, les stupides coleres des ennemis de 1'Eglise !

Page 1