‹ Les Jansénistes du XVIIe siècle [microform]Chapitre 25 sur 217 · Revue des Questions histonques, 1" Janvier · texte numérisé non relu

Revue des Questions histonques, 1" Janvier

m'a asseure que je pouvois avoir la mesme asseurance de vous. Et encore : a Si j'ay quelques parties des bonnes qua- Iit6s que vous me donnez, ce sont celles qui me font cognoistre et estimer les vostres et qui me portent & vous aymer cberement.

Au grand regret des deux prelats, Du Vergier ex6cuta son projet de retraite et d'e"tude. Le seul amour de la ve"rit ne fut pas le mobile de cette determination. Nous savons ce que les deux amis cherchaient dans leur laborieuse solitude. Et certes, comme le remarque le P. Rapin, il fallait une aussi grande ambition que celle d'innover dans la religion, qui est la plus grande de toutes, pour soutenir Faustere et incessant travail des reclus de Campiprat. L'6v6que de Bayonne, qui admirait ces jeunes gens sans pen^trer leur dessein, voulut se les attacher. II nomma Jans6nius supe>ieur d'un college qu'il venait de fonder, et Du Vergier chanoine de sa cath6drale. Celui-ci accepta a condition qu'il n'assisterait au choeur que tes dimancbes et les jours de grande solennit6. Le nouveau cbanoine paya cette dispense en rendant a ses collegues un service signaled II y avait dans l'6glise de Bayonne une vieille c6r6monie qui avait 1'air un peu profane et choquait bien des gens : on pr6sentait sur 1'autel, aux messes de mort, une brebis 6gorgee avec des circonstances peu s6antes a la puret du sanctuaire. Un jeune capucin, qui avait duzele, entrepritdecombattre cette c6rmonie, et, prSchant le car&me, il s'emporta avec bien de la chaleur centre une pratique si pai'enne. II 6tait de Tint6r6t du cbapitre de soutenir cette coutume autoris6e par 1'antiquite: il n'eut pas de peiae a engager Du Vergier a 6crire contre le bouillant predicateur pour repousser ses attaques audacieuses. Le profond th6ologien de la Question royalle^ se hata d'6taler son erudition. Mais sa plume savante trouva moyen de railier le capucin avec plus d'aigreur que n'en demandait la defense d'une brebis. II le traita, dit-on, de jeune d6clamateur. L'affaire fit du bruit dans le peuple, et sans 1'intervention de celui- & m6me qu'on injuriait si gravement, elle eut 6t6 portee a de grandes extr6mit6s (1).

Bient6t aprcs avoir d6fendu avec cet 6clat la brebis du cbapitre de Bayonne, Du Vergier eut a deiendre l'6veque de Poitiers ; il le fit avec une science toujours plus abondante et plus

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