‹ Les Jansénistes du XVIIe siècle [microform]Chapitre 38 sur 217 · Port-Royal, l, I, p · texte numérisé non relu

Port-Royal, l, I, p

Les dernieres ceuvres et les derniers jours de M. de Saiut-Gyran, ses

reliques et son culte.

Jans6nius triomphait parrhi les bonnetes gens (1), mais Saint-Gyran ge"missait dans la prison de Vincennes. Les historiens de Port-Royal se plaisent a decrire les a affreuses 6preuves de cet illustre innocent dont il plat au Tout-Puissant de faire an homme de douleur, pour etre un prodige aux sages dumonde, un mystere et une 6nigme aux savants, un modele de fidelite et de Constance aux iustes et aux saints (2). On le traita, disent-ils, avec la derniere rigueur. Ceux qui le gardaient avaient ordre d'entrer a touteheure, la nuit comme le jour, pour empecber qu'il ne put 6crire, et qu'il n'eut communication avec qui que ce fut. On lui refusa durant plus de quatre ans la consolation de voir ses amis (3). Ne nous batons pas de nous attendrir a cette terrible peinture de la captivite de Saint-Gyran : nous pleurerions, comme a la comedic, sur des malbeurs imaginaires. En effet, nos bons Jansenistes racontent, - nous ne nous cbargeons pas de concilier leurs recits avec leurs tableaux, racontent que Saint- Gyran, gard6 k vue avec une rigueur inexorable, fut un des premiers a lire I'Auyuslinus dans sa prison. Ses amis le lui ap-

1. Letlres choisies de feu M. Guy-Patin, docleur en medecine, etc, t. i lettre 2. M. Sainle-Beuve cite avec complaisance cette phrase de Guy- Patin. II aurait pu ciler encore celle-ci En ce iemps la fortune triomphe par impudence, par ignorance et par imposture. (Lettrc XIV.)

2. Quairieme gemissemKnt d'une dine vivement louch.ee de la condilulion de N. S. P. le pape dement XI, p. 94.

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