‹ Les Jansénistes du XVIIe siècle [microform]Chapitre 41 sur 217 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

i. Ibid., t. 1. p. 134.

aiijourd'hui.'Il regardait cctte conduilc commc une des grandcs fautes qu'on pouvait faire dans la saintcte cle cet emploi, et observait qu'outre qu'cllc degoutait ceux qui etaient tardifs, cl donnait de la vanile aux a utres, elle retombait encore ensuite sur la^Republique et sur 1'Eglise, chargeant 1'epouse de Jesus-Christ d'une quantite de gens qu'elle n'a point appcles, et 1'Etat d'unc infinite de personnes vaiues qui croient, elre au-dessus de tous depuis qu'ils savent un peu dc latin, et qui pcnseruieut ctre deshonores de suivre la profession ou leur naissance aurait pu les engager. C'est pourquoi il disait qu'entre les enfants dont on aurait etc entieremcnt maitre, quoiqu'en grand nombre, on en aurait du faire etudier que fort peu, et seulement ceux en qui on aurait reconnu une grande docilite et soumission, et quelque marque de piete et d'une vertu assuree (1). Ce qui est bien remarquable, c'est qu'il ne se rcglait nullement sur les talents naturels pour faire ce discernement, mais sur les semences de verlu qu'il voyait que Dieu jctait dans le fond de Tame. Lorsque j'allais a Saint-Cyran, a la fin de 1639, on me mit entrc les mains un enfant qui paraissait un prodige d'esprit pour son age. La mcmoire et le jugement allaient de pair, et surpassaient tout cc qu'on peut dire. Car a 1'age de huit ou neuf ans il apprcnait lui seul les principes du latin, voyant que je ne voulais pas les lui apprendre, ct il expliquait quelquefois assez heureusement 1'office de 1'Eglise. II retenait tout ce qu'il lisait et eutendait, de sorte qu'il s avait une infinite de choses, sans qu'on put presque dire comment ; il pcnetrait tellement dans tout ce qu'il lisait, qu'il en faisait ensuite dcs discours et des livres. Je lui surpris une fois un traite qu'il avait fait de TAntechrist, compose de ce quil avait ramasse de cote et d'autre. M. de Saint-Cyran voulut qu'on le lui envoyat dans sa prison pour le voir. On ne remarquait dans cet enfant rien qui tint de la corruption, mais seulement uue avidite etrange de savoir, jointe a une grande curiosite, avec un desir ardent de se jeter dans 1'Eglise et d'avoir des benefices, desir que ses parents lui avaient inspire sans qu'il put seulement savoir ce que c'ctait. M. de Saint-Cyran voulut quo je lui en

1. M. Arnuucl d'Anclilly, le premier et le plus estime des disciples de Saint-Cyran, ecrit dans son Memoire pour un souverain : Relrancher les proces, el principalement la chicane, qui est une des principales causes de la ruine du pcuple. L'un des meUleurs moi/e/is d'en venir & bout, est de diminucr le nombre des colleges, et faire qu'il y ait seulement autant d'ecoles qu'il en scrabcsoin pour apprendre a lire et a ecrire : car les personnes de petite condition qui savent un peu de latin dedaignent d'esire soldats, laboureurs el marchands, ce qui est la force des Etats, et ne deviennent pour la pluspart que des prestres ignorans ou des personnes de chicane. Yoyez la Ve'rite sur les Arnauld, par M. "Varin. Lire et ecrire, voila toute la science que (lit Jansenisme perraettait aux personnes de petite condition. M. S;iinte-Beuvo ne cite pas ees textes.

xlise mon avis, et apres que je Ten ens averti, il conclut sans differer qu'il ne fallait point du tout le faire etudier, et ceJa fut absolument execute (1).

Avant tout il fallait faire de bons jans6nistes, de petits Messieurs. G'est pourquoi ces coles 6taient plus pour la piele" que pour les sciences. On donnait dependant aux enfants de solides principes pour les Etudes (2) Mais comme la piete" avait a Port-Royal sa th6ologie anti-moliniste, Fenseignement des belles-lettres eut sa me'thode opposee a celle suivie par les Je"suites. On suivit des routes qui n'etaient alors nullement connues.Ceux qui seraient curieux de connaitre ces routes ouvertes par les maitres des pctitcs Ecoles, peuvent lire le Memoire du docteur Arnauld sur le reglement des etudes dans les leltres humaines. II faut lire aussi pour se faire une ide"e complete de la m6thode de Port-Royal, les Prefaces que Guyot a mises en tete des traductions de Gice"ron. L'6tude du frangais primant Fetude du latin, F explication philologique remplagant 1'explication litte"raire, la traduction de vive voix faite par le maitre devant Feleve substituee a la version 6crite, liberte laissee a 1'eleve de choisir le sujet de ses compositions latines dans les souvenirs de ses lectures, narrations parlees faites sur le champ et puisees dans ce que 1'eleve vient de lire, substitution d'un abre"ge" de rudiment en franc.ais ^ la grammaire latine, suppression des tbemes latins dans les petites classes et des vers latins dans les bautes, exercices du corps multiplies, telles sont les principales innovations de la m6tbode de Port- Royal. L'Universite n'en profitapas, dit M. Sainte-Beuve, et il ajoute : Rien n'esttenace comme 1'esprit de routine dans les vieux corps... Paut-il Favouer ? En lisant le detail des recommandations et des conseils donnes par nos amis, en me pen6 trant surtout de 1'esprit qui y respire, j'ai et6 tout surpris de voir que, m&me de nos jours, I'Universit^ renouvel^e n'avait pas encore accepte" quelques-unes de ces reformes le plus expressement indiquees des lors, sur les themes par exemple, sur les vers latins, sur le mode d'explication des au-

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