‹ Les Jansénistes du XVIIe siècle [microform]Chapitre 47 sur 217 · Sauval, Antiquiles de Paris, I. 1, p · texte numérisé non relu

Sauval, Antiquiles de Paris, I. 1, p

pronant que la paroisse pour gagner les cur6s, tantot faisant dc grands eloges de la vie religieuse et de la perfection des voeux, pour metlrc en vogue le couvent de Port-Royal.

C'est le P. Rapin qui nous fournit ce detail des derniers jours de Saint-Cyran. M. Sainte-Beuve ne voit dans les r6cits du j6suite que des petitesses denigrantes dans lesquelles le ne'ant du jugement humain se 'lit tout entier. II deplore que les ecrivrains de la robe et du bord du r6v6rend pere le copient plus on moins. Quant a lui, il s'en gardera bien ; il a des actes [idek'S qui dementent le P. Rapin. Ces actes fideles se de"mentent quelquefois les uns les autres, nous venons de le constater a plusieurs reprises. D'ailleurs sont-ils si fideles que le dit M. Sainte-Beuve ? M. Cousin se plaignait des editeurs jansenisies du faubourg Saint - Marceau et d'Utrecht qui, au xvm siecle, corrigerent les lettres de la mere Angelique (J). M. Sainte-Beuve a son tour nous avertit de I'etat de rcmanie- 'iiient et d'd pcu-pres dans lequel les lettres de Saint-Cyran nous sont parvenues (2). II y a plus : il nous avertit que luimeme rend quelquefois les phrases de ces Messieurs supportablcs de grammaire. Et ces Messieurs n'ont-ils pas rendu les phrases de leurs illustres docteurs supportables de theologie ? Assurement, et c'est M. Sainte-Beuve qui nous l'affirme. C'est a propos des corrections inlligees aux Pensees de Pascal par les premiers editeurs, Arnauld. Nicole, de Treville, etc. :

N'etes-vous pas eifraye dc cette multitude de defiles et de coins perilleux par cm est oblige de passer une pauvre pensee humainc, Jaissee orpheline du genie qui Fa produite, et n'ayant plus Id son pere pour la defendre? Pour les vrais anciens, transmis durant des siecles a travers lant de mains diversement interessees, cela fait trembler. Chez ces homines qui sont des modernes d'hier, que d'alterations deja et d'atteintes, que du moins encore nous pouvons saisir ! Saint-Cyran nous a paru, dans ses discours et clans sa parole,, tout autrernent eloquent que dans ses ecrits : je le crois bien ; M. Nicole, qui etait trescxact, a passe son niveau sur ces deniers (3). Saint-Cyran, le grand

Page 1