fon-lloyal, t. n, p. ISO
bation n'est pas seulement negative, mais positive. Dans une premiere Apologie ecrite en 1643 en reponse aux sermons dlsaac Habert, M. Arnauld disait encore avec Calvin, que Jesus-Christ n'est mort que pour les fideles et les elus. Ne serait-ce pas la du calvinisme ? Naturellement, dans ces deux Apologies on il se glorifle de copier et de traduire Jansenius f grand et saint eveque, I'ornement de toute I'Eglise, M. Arnauld reproduit les errears fondamentales de son illustre maifcre. Jansenius appelait la grace suffisante un monslre de grace ; Arnauld 1'appelle une grace du diable. Jansenius enseignait que toute grdce de Jesus-Christ est efficace, que toute grace fait que la volonte veut et agit ; Arnauld enseigne que la grdce de Jesus-Christ nc manque jamais d' avoir son cffet. Jansenius, repoussant la liberte d'inclifference necessaire pour meriter et de'meriter, n'admetlait avec Calvin qvCune simple ne'cessite ; Arnauld admet que la liberte subsiste avec la necessite inevitable d'agir. Jansenius affirmait que quelques comma ndements sont impossibles meme aux jusles, selon les forces presentes de 1'homme ; Arnauld affirme que c'est la une maa'ime indubitable dans la doctrine de saint Augustin. Jansenius declarait que Jesus-Christ n'cst pas mort pour les infideles, ni pour les juste s qui ne perseverent pas, Arnauld declare qne Jesus-Christ n'est mort que pour les fideles et les elus qui sont appelc's tous les homines, parce qu'ils sont pris des homm.es de toutes sortes de conditions. Ainsi c'etait bien la pure et exacte doctrine de Te-veque d'Ypres quel'apologiste defendait.Et cependant, apres 1'avoir dei'endue durant quarante-trois ans, il ecrira tout un volume (1) pour prouver que son jansenisme est un fantdme. Gardons-nous bien d'accuser la bonne foi du grand docleur : M. Sainte-Beuve aurait pour nous des mots peu elegants. Bisons simplement que M. Arnauld dut lire dans son dme et dans sen arriere-pensees au lieu de relire ses ouvrages.
L'Apoiogie acheva de populariser monsieur Jansenius, qui avait par lui-meme un air trop sombre, trop sec et trop scolastique (2j. Elle acheva aussi de convaincre les hommes eclaires qui avaient siynale 1'heresie naissante, qu'ils ne s'etaient point trompes et que le temps etait venu de combattre le janbenibme sans treve ni merci. Mais avant de nous engager
1. Phanlome du jansenisme ou justification ties pretendus Jansenisles.