Memoires de Fontaine, t. II, p
mon oncle etait extremement prevoyant et qu'il jugeait que 1'inclination que le roi portait a MM. de Luynes les pourrait porter un jour a une faveur, il m'avait conseille de faire amiti6 avec eux; et je n'y eus pas grand'peine, parce qu'ils furent bien aises d'avoir quelqu'un qui les put servir, comme je faisais, de tout mon pouvoir. M. d'Audilly, qui avait I' esprit tri's-pciie'trant, n'eut pas grande peine a suivre ce conseil, ni grand profit.
L'Intendant mourut en 1617 : son neveu demanda a lui suec^der. Albert de Luynes, le favori, lui promet la place de secretaire d Etat, qu r il ne lui donne pas, et fait 6cbouer ses projets pour 1'intendance. M. Du Fosse raconte ainsi cet 6cbec de la prevoyance de 1'oncle et de la penetration du neveu : Le roi Louis X1I1, qui connaissaitle merite de M. d'Andilly, le voulut faire secretaire d'Etat, mais il supplia Sa Majeste de Ten dispenser (1). Comme c'est bien tourn6 ! Yraiment ! ces sieurs. de Port- Royal, ces immortels defenseurs de la ve ont une grace parliculiere et qui a ete tres-efficace pour leur renommee de travestir Fbistoire a leur avantage. Au lieu de secretaire d'Etat, M. d'Andilly devint premier commis de M. de Scbomberg, surintendant des finances. Mais, comme il avait de la vanite d revendre, dit Tallernant, il- affectait devant le monde de faire parailre qu'il avait tout le pouvoir imaginable sur 1'esprit du surintendant. M. de Scbomberg n'y prenait pas plaisir, et disait : Mon Dieu ! cet bomme parle beaucoup ! M. de Scbomberg tombe en disgrace, son premier commis. qui joignait une humilile profonde a une gttierusite lierc'iquc, 1'abandonna et se tourna vers le due d'Orleans. Son ambition eprouva de cruels mecomptes. Le marecbal d'Ornano, qui Favait fait nommer intendant general de la maison du prince, 1'econduisit, jaloux de son influence, disent les uns, trabi par lui, affirment les autres. Le fait est que le marecbal fut eni'erme a Vincennes par Ricbelieu, lequel oflrit sa place a M. d'Andilly ; n'etait-ce pas la recompense de sa trabison ? Le due d'Orleans ne voulut pas de M. d'Andilly, sans doute parce qu'il lui etait trop devou6 et Ricbelieu 1'oublia. a Tant de cboses, dit 1'bumble M. d'Andilly, qui arriverent ensuite, empecberent Son Eminence de donner son applica-