‹ Les Jansénistes politiques et la franc-maçonnerieChapitre 1 sur 10 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

A la suite de la Sainte-Ligue catholique où. sous l'inspiration de Rome, la France était entrée tout entière contre une partie gâtée des princes et de la noblesse et ces tristes Valois que la politique de Catherine de Médicis conduisait à leur fin, la Fille aînée de l'Eglise avait eu, pour récompense de sa lutte des Machabées, ces soixante premières années du dix-septième siècle, couronnées par la mort de saint Vincent de Paul, où la sainteté, les lettres. les arts, les sciences, sans compter les armes qui dévient hélas ! sous la main de Richelieu et de JVIazarin, ont atteint d'accord une gloire sans exemple depuis le siècle de saint Louis, la dernière peut-être de nos grandes gloires.

A partir du règne personnel de Louis XIV, où bientôt la blancheur des lys est profanée sur le trône par la consécration légale de l'adultère, la France est minée par l'hérésie janséniste, chef-d'œuvre des puissances du mal que le pouvoir

royal ne combat pas résolument et qu'il attache en partie à ses flancs sous le nom de gallicanisme. A la fin du siècle, le jansénisme est devenu la plus formidable des sociétés secrètes, un Etat dans l'Etat, qui n'en a pas conscience, une République de sectaires, plus ou moins athées au fond, enserrant et brisant chaque jour l'antique monarchie très-chrétienne. Cet Etat invisible devient visible en 1703, à la saisie des papiers de son chef, dit Prieur, le Père Quesnel, Oratorien expatrié ; et ces papiers, que Louis XIV se fera lire chaque soir pendant dix ans par Madame de Maintenon, seront le fantôme qui lui fera reculer à la fin du siècle l'échafaud de Louis XVI. Plût à Dieu que ce fantôme eût hanté efficacement les nuits de Louis XV, et que Sardanapale ne se fût pas résigné à voir la France durer autant que lui !

Une nouvelle société secrète, la franc-maçonnerie, est venue au milieu du siècle prêter main-forte à la première ; les parlements jansénistes lui ont ménagé le droit de cité, en dépit des anathèmes des Souverains Pontifes et des édits royaux : les deux se donneront la main pour la Révolution.

On connaît leur œuvre : connaît-on bien leurs manœuvres et leurs hommes ?

Cet écrit a pour but de jeter deux rayons" de lumière dans ces deux abymes de ténèbres. Ils sont d'une authenticité absolue, et seront, je crois, d'une clarté décisive.

L'un atteint le jansénisme au moment où il est arrivé avec Quesnel, masqué encore, à sa plus haute puissance, et révèle ses plus subtils raffinements en la personne de Bossuet, associé de Quesnel, mais prenant ses libertés pour ménager avant tout ses intérêts, donner le change au Roi, mieux servir le parti, frapper sur l'ennemi, les Jésuites, le coup mortel, en vantant gaiement, sous la plume de son neveu associé des Jansénistes de Rome, le dessein des

L'autre nous met sous les yeux un prince de Bourbon, chef prochain de la branche cadette, Louis-Philippe-Joseph d'Orléans, Grand-Maître du Grand-Orient maçonnique, au sein de la Loge militaire de Saint-Jean de la Candeur, qu'il a

londée par ses députés de la Loge de l'Egalité, dont il sera proclamé Vénérable à perpétuité, et d'où sortiront les agents es plus immédiats et les plus efficaces du renversement de la royauté à Versailles.

Ces deux rayons de lumière, séparés par trois quarts de siècle, se répondent si bien et se joignent en fait si réellement, que l'on trouvera sans doute que nous avons eu raison de les mettre en face, pour éclairer par ses deux extrémités le siècle de Voltaire.

O LES JANSENISTES POLITIQUES

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