GOUVERNEMENT, IO
d'autant plus difficile qu'on voulut rendre obligatoire son payement en espèces. On reconnut cette prétention irréalisable. Autrefois on prélevait en nature sur la récolte des paysans, et les seigneurs, n'ayant en partie à solder que des dépenses locales, ^e libéraient à leur tour en donnant des sacs de riz à leurs employés et pensionnaires. Le fermier, le producteur, trouve difficilement à faire des échanges monétaires, et chacun produit surtout pour sa consommation personnelle. L'Empereur dut réduire l'impôt d'un tiers et autoriser les contribuables à payer moitié en riz et moitié en argent.
Les anciennes monnaies ne pouvaient pas non plus se plier aux exigences de la situation nouvelle; elles étaient trop nombreuses et sans rapports simples entre elles. C'étaient des morceaux de métaux aplatis et carrés, ornés, au lieu d'empreintes, de fleurs, de feuilles et de caractères. On comptait par taie, valant 3 fr. 62 ; par copax d'or de 64 mas d'argent, valant 52 francs, etc. On comprend quel fouillis eût été une répartition budgétaire, et quelles entraves aurait apportées aux échanges croissants des provinces une division aussi compliquée et embrouillée, surtout pour les cerveaux japonais; aussi ces monnaies furentelles abolies et adopta-t-on le système décimal, en donnant aux pièces la forme ordinaire. On prit pour unité \tyen (5 francs), dont les sous-multiples sont : le sert (5 centimes) et le rin (| centime).
Mais la quantité d'or et d'argent que possède le Japon eût été insuffisante pour alimenter les échanges quotidiens d'une seule de ses grandes villes : on dut
avoir recours au papier-monnaie. Actuellement son usage est général et exclusif dans tout TEmpire; mais le gouvernement en ayant émis une quantité considérable, la valeur du yen a subi une forte dépréciation sur le marché européen, et il se négocie suivant le cours, de trois à quatre francs. Les mon* naies d'or et d'argent ne servent plus qu^aux transactions des comptoirs étrangers.
L'adoption du système décimal ne s'est pas étendue aux poids et mesures; on compte encore par koku (66 litres), et pour les mesures de longueur par ri (4,3oo mètres) de36c/io(i 19 m.44),divisésen6o/re« (1,98) contenant chacun 6 shaku (o,33 cent.). Tous les poids et mesures sont timbrés par le gouvernement, qui fait vérifier et rectifier au besoin les anciens.
Le commerce du Japon est très-peu développé. Ses ressources offrent peu d'éléments de trafic. Le papiermonnaie, dont le cours forcé est imposé aux indigènes et dont la valeur varie constamment, ne trouve aucun crédit sur les marchés européens. L'individualisme remplace les grandes associations; l'ouvrier travaille isolément pour lui et chez lui. Du reste, le Japonais n'a pas d'aptitudes commerciales ; il n'apporte dans les affaires ni la décision, ni la probité des négociants chinois. Les mandataires avec lesquels on traite désavouent le plus souvent raffaire. lorsqu'elle tourne mal.
La richesse minière du Japon est considérable. Les dépôts d'or, d'argent, de cuivre, de mercure, de cobalt, d'étain, de plomb et de fer, se rencontrent en