‹ Les jardins dans l'ancienne ĖgypteChapitre 11 sur 11 · Bulletin de rinslitut égyptien, n® 3, an. 1882, p · texte numérisé non relu

Bulletin de rinslitut égyptien, n® 3, an. 1882, p

3. Dans sa belle étude sur IjCs premiers établvisements des Grecs en Egypte (Paris, 1893, iii-4, p. 234), M. D. Mallet semble croire que le goût des fleurs,

succès, ainsi qu'en témoigne Athénée * ; désormais les plantes de leur pays ne leur suffirent plus ; ils en demandèrent d'inconnues aux pays étrangers : arbustes et plantes herbacées d'ornement y pénétrèrent à la fois.

Les arbustes y prirent place, à ce qu'il semble, les premiers. Lasesbanie d'Egypte {Sesbania aegyptiaca,Pcrfi,), cet arbuste d'origine nubienne, dont on a trouvé des fleurs dans la tombe d'Ahmès I" % était peut-être dès lors cultivée dans les jardins de Thèbes ; elle ne dut pas être le seul arbrisseau qui y fut planté. Sur la peinture n° 177 de la galerie nord du Bntish Muséum, dont j'ai parlé plus haut, on voit, comme je l'ai remarqué, au bord du bassin central, à côté des touffes de papyrus, deux arbustes, l'un, à fleurs rouges, mais à peine distinctes, ainsi que les feuilles, et qu'il est dès lors impossible d'identifier; l'autre, à fleurs blanches, en bouquets terminaux, à feuilles lancéolées et entières, dans lequel j'inclinerais à voir un henné, s'il était permis de se prononcer en présence d'une peinture aussi confuse. Cet arbrisseau, indigène peutêtre dans l'Ethiopie orientale, — Ëmin pacha l'a rencontré à l'état sauvage dans les montagnes de Latouka par le 22" degré de latitude ^, — recherché pour la belle couleur J^ orange que donnent ses feuilles, ne devait pas l'être moins pour le parfum de ses fleurs, à une époque surtout où le jasmin était sans doute encore inconnu en Egypte. Il n'y aurait donc rien de surprenant à ce qu'il eût été importé de bonne heure et cultivé dans les jardins pharaoniques. C'eût été aussi naturel et plus facile que d'y planter les « sycomores à encens » — , peut-être des Boswellia thurifera^ Cart. — que la reine Hatshopsitou fit apporter du pays de Pount à Thèbes.

Avec cet arbuste bien d'autres devaient pénétrer, mais

avec celui des couronnes, était venu d'Egypte en Grèce; ce n'est là qu'une supposition. « Nulle part, dit^il, les fleurs n'étaient i)lus variées et plus nombreuses que dans la vallée inférieure du Nil. » Quoi qu'en aient pu atUrnier les poètes grecs, qui d'ailleurs n'en parlaient que par ouï dire, rien n'est moins conforme à la réalité, et la plupart des fleurs dont les Egyptiens des derniers temps faisaient des couronnes étaient exotiques et ont dû être importées dans leur pays. Il faut ajouter ciue le témoignage d'Apulée qu'invoque M. Mallet ne peut rien prouver pour 1 époque pharaomque.

1. Deipnosovhistaej lin. V, cap. xxy (196) : 'H yàp AîyuitTo; Sià xoùç xTfiicfiuovxaç xà 9icxvi(i>{ XXI xa6' ûpsr/ ÈvcatT^xuiaty iv êTfpoiç 9u<5p.£va T6itoi< i^Ôova ^swa xaî

2. G. ScHWBiNFL'RTii, Bulletin de VInsUtut égyptien, n^ 3 (an. 1882), p. 68.

3. Pbrgy Nbwberry, ap. Flinders Pbtrib, Hawara, Biahmu and Arsinoe, p. 50.

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