‹ Les jardins dans l'ancienne ĖgypteChapitre 10 sur 11 · G. S suppose · texte numérisé non relu

G. S suppose

trouvât pas autrefois et le coquelicot se voit encore dans les moissons du Delta.

ne prouvent pas plus que ces plantes fussent cultivées par les anciens Egyptiens que les bouquets de bluets et de bruyère commune qu'on vend dans nos rues n'indiquent que ces fleurs croissent dans des jardins et non dans les champs ou dans les landes.

Il ne saurait y avoir de difficulté que pour les plantes qui n'existent plus aujourd'hui en Egypte, comme la dauphinelle orientale et la centaurée déprimée, ou qui ne s'y rencontrent, croit-on, que cultivées ou naturalisées, telle que Talcée ou guimauve à feuilles de figuier * ; mais les premières, introduites avec les cultures, ont pu finir par disparaître, après avoir subsisté dans la vallée du Nil un temps plus ou moins long, disparition qui est moins surprenante que celle du papyms, tout indigène qu'il était en Egypte. Quant aux secondes, c'est-à-dire aux plantes qui sont cultivées de nos jours ou se sont naturalisées, il faudrait mieux en connaître l'histoire qu'on ne le peut pour se prononcer. Schweinfurlh s'est demandé ^ si l'alcée à feuilles de figuier, qu'on trouve à l'état sauvage dans le Liban, et la dauphinelle orientale, plante de la région méditerranéenne, ne pourraient pas se remontrer quelque jour en Egypte, d'oii elles ont disparu à l'cîtat spontané; d'ailleurs, est-il possible que cette plante dont a découvert des fleurs dans la tombe d'Ahmès I" ait été importée d'Asie à une époque où les relations de l'Egypte avec ce pays avaient à peine commencé? Ainsi les raisons qu'on a invoquées en faveur de la culture des fleurs dans les jardins de l'Egypte pharaonique sont à peu près sans valeur.

Toutefois le moment vint où, dans la vallée du Nil, on cultiva les plantes à fleurs, comme on le faisait de temps immémorial pour les arbres à fruits. A quelle époque remonte cette culture particulière ? Rien n'est venu nous l'apprendre jusqu'ici; peut-être commença-t-elle dès le temps des Ahmessides ou du moins des Ramessides ; mais c'est après la conquête perse, sous les Ptolémées, et encore plus à l'époque gréco-romaine, qu'elle se développa et prit une véritable importance. L'horticulture fit de grands progrès dans le monde hellénique ^ ; les Egyptiens s'y livrèrent avec ardeur et avec

1. ScHWEiNFrKTH, Bulletin de rinstihU égyptien, n*» 8 (an. 1887), p. 318.

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