Les jardins de la médecine
Jadis, quand des amis trop indulgents me pressaient de réunir en volume les notes ou les études publiées au-, jour le jour sur les menus faits de notre profession^ f avais soin d' éloigner de moi cette tentation. Ces petites feuilles, détachées une à une de V arbre de notre vie, me disais-je, et emportées au vent de la publicité, ne seront-elles pas desséchées le lendemain ? A quoi bon les recueillir? Les plantes arrachées au hasard du chemin ont-elles jamais gardé leur sève et leur parfum dans V herbier où les ensevelit le botaniste ?
J’étais donc résolu à me contenter de ma tribune habituelle. Puis, le temps a marché, les mêmes confrères sont revenus à la charge. « Certains de vos portraits eussent été bons à conserver, insinuaient-ils sournoisement . On ne se lassera jamais de la fréquentation du « Père Potain », de Trousseau, de Bretonneau et de tant d’autres. Ces hautes figures médicales méritent, certes, une place meilleure que celle qui peut leur être faite dans un journal ou une revue. » L’un d'eux alla même jusqu’à me soutenir qu’un travail paru depuis dix ans avait recouvré toute la fraîcheur de l’inédit. Vous pensez bien que j’étais sceptique, non par vanité, — car je ne fais pas grand fonds sur toutes mes productions, — mais plutôt par paresse.
Cependant je me décidai à voir si parmi les nombreii-