‹ Les jardins de VersaillesChapitre 11 sur 143 · AMOUR SUR UN SPHINX · texte numérisé non relu

AMOUR SUR UN SPHINX

Groupe du Parterre du Midi

Bronze fondu par Duval en 1670, d'après un modèle de Jacques Sarrazin; marbre de Lerambert

Entre toutes les critiques plus ou moins justifiées que provoquait Versailles, celle-ci passait pour la mieux fondée, et nous rappellerons Saint-Simon dénigrant les jardins, « dont la magnificence étonne, mais dont le plus léger usage rebute 5. — « On n'y est conduit, ajoutait-il, dans la fraîcheur de l'ombre que par une vaste Zone torride, au bout de laquelle il n’y a plus, où que ce soit, qu'à monter et à descendre. » Avec une

humeur moins amère, nous souffrons aujourd’hui des mêmes inconvénients que les sujets du Grand Roi.

Et pourtant, ces chemins de sable, qui semblent trop larges à nos pas de flâneurs, étaient alors nécessaires pour le déploiement d’une cour somptueuse. De nos jours encore, on peut s’en rendre compte lorsqu'une fête officielle ou simplement le dimanche populaire des « Grandes Eaux $ amène à Versailles une foule excep-

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tionnelle de visiteurs. En dépit du léger ennui de nos premiers pas, n'hésitons point à nous engager dans l’espace aménagé devant le Château, entre les deux bassins, et allons contenter notre impatiente curiosité en face du couchant où fuit à l'horizon la perspective du Grand Canal.

A mesure que nous avançons, le Parterre de Latone

se développe devant nous. En haut des marches qui y descendent, se dévoile brusquement l’élégante fontaine qui le nomme et que les yeux ne soupçonnaient pas, puisque, des balcons même de la Galerie des Glaces, elle ne se laissait point apercevoir.

Au centre du large parterre en fer à cheval, que bordent les ifs aux formes géométriques, est le charmant

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