L'ILE ROYALE
Estampe de J. Rigaud
se hâte vers le char que traînent les chevaux des ténèbres. En avant, volant dans les airs, deux Amours portent sa fourche ; l’attelage est conduit par l'Enfant divin, souriant et malin comme d’autres Amours, ses frères, qui lancent vers la jeune fille leur flèche sournoise.
Le motif de l'Amour, planant au-dessus des chevaux de Pluton, a été fourni sans doute à Girardon par un bas-relief de l’ancien fonds du Louvre, représentant la même scène, et dans lequel figure aussi la mère de la déesse. Cet emprunt unique de l'artiste ne fait que mieux établir l'originalité de sa composition.
L'autre partie du bas-relief est d’un art aussi habile, mais d’une conception plus exclusivement mythologique. Ce sont des divinités infernales, échevelées
comme sont les Furies ; trois d’entre elles portent des
torches allumées ; une quatrième est assise dans un char attelé de dragons. Il faut les mérites de l'exécution pour donner de l'intérêt à ce second morceau, d'où l'émotion humaine est absente.
Dans le massif voisin de la Colonnade est un long”
bosquet, aujourd’hui bièn modeste et dont la décoration se réduit à quelques marbres de peu de valeur. Il a connu des jours plus brillants, alors que, sous le nom de Galerie d'Eau où Salle des Antiques, il présentait
aux contemporains de Louis XIV une collection de.
vingt-quatre belles figures de marbre, originaux ou copies de l’art ancien, alignées parmi les caisses d’orangers, les jets d’eau et les « goulettes » de marbre rem-
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