L'ORANGERIE
Estampe de J, Rigaud
mitive ; le Labyrinthe, détruit en 1775, lors de la replantation du parc, est devenu le Bosquet de la Reine. On y a introduit alors quelques arbres exotiques, aussi rares à Versailles qu’ils sont nombreux à Trianon. Tels sont les beaux tulipiers de Virginie encadrant la salle du centre, des noyers et des chênes d'Amérique, et deux cèdres du Liban, contemporains de celui que Jussieu rapporta d'Angleterre.
On ne peut s'empêcher de penser, en parcourant ce lieu écarté et charmant, à cette nuit d’été de 1784, où l'une des aventurières inculpées plus: tard dans l'affaire du Collier, Mademoiselle d’Oliva, parut mystérieusement devant le cardinal de Rohan. Le prélat, qui reçut d'elle une rose, prit, dans les ténèbres, cette
femme pour Marie-Antoinette; et ce rendez-vous Je confirma dans l'illusion qui devait compromettre si cruellement la réputation de la malheureuse Reine.
La grande allée qui longe le Bosquet de la Reine, et qui était jadis l’Allée du Mail, familière aux divertissements de l’ancienne Cour, débouche devant la grille du « Parterre des Orangers ». Ce vaste parterre, formé de six pièces de gazon, avec un bassin rond, s'étend devant la majestueuse Orangerie bâtie par Mansart.
Au-dessus des galeries latérales, s'étage en trois paliers l'énorme construction des « Cent Marches s. Ces degrés gigantesques, qui n'ont pas moins de trente mètres de large, semblent appuyer les soubas-