PROJET POUR LA FONTAINE DE LA PYRAMIDE
Dessin de Charles L2 Brun
Photo P, d'Aujee.
de chacun d’eux se soulèvent et s’arrondissent ; la tête douce et bouclée se penche sous le poids. Ils plongent dans la quatrième cuvette, la plus grande.
Entre les pieds de lion qui la supportent, se poursuivent quatre grands tritons dont les mouvements ont la souplesse de la nature ; leurs visages égayés disent le plaisir qu'ils ont à nager dans le bassin circulaire d’où s'érige la Pyramide. Ainsi s'enracine au milieu des eaux ce petit temple élevé à la gloire des EAUX.
C'est encore le travail de Girardon que nous retrouvons, quelques pas plus loin, parmi les bas-reliefs qui décorent le bassin carré appelé les Cascades ou le Bain des Nyrmpbes
Photo P. d'Avjec.
LA VÉNUS PI DIQUE Degré du Parterre du Nord Bronze fondu par les frères Keller, d'après Le marbre de Coyzevox (1686)
de Diane. Le plus important, celui qui s’adosse à la Pyramide et que le soleil ne visite jamais, est du sculpteur troyen.
Le sujet est digne d’un bas-relief antique. Onze nymphes, chastement nues, s’ébattent dans l’eau, au bord d’une rivière. Le paysage de rêve est tout près de la réalité, tant la patine des ans a glissé sur le plomb des tons qui l'avivent. Le soleil dore l’horizon ; on croit deviner un bleu de ciel et d’eau, un rose jeté sur les chairs, le vert profond des plantes marines ; et lorsque la nappe transparente vient se répandre devant la scène, les corps semblent tressaillir sous le ruissellement argenté.
Le morceau est coloré comme une peinture et
TRITONS ET SIRENES Bassin du Parterre du Nord
Groupe de plomb, d'après Tubi et Le Hongre
dégagé comme un relief de marbre; c'est aussi tout un petit poème de vivante jeunesse abandonnée au gré de l'eau, au milieu des roseaux en fleurs.
Ce long morceau rectangulaire a ses figures moins grandes que nature. Il est comme arrondi aux extrémités par deux nymphes assises au premier plan, tenant l'une et l’autre la draperie qui doit les vêtir après le bain. La première est allongée, à droite, sur un rocher; elle sourit, cachant sa poitrine de son bras; et près d'elle une naïade, vue de dos, s'enfuit vers les arbres, les jambes encore dans le flot, montrant une onduleuse ligne. Il s'ajoute au groupe une troisième
compagne, renversée sur la berge, qui s'appuie sur ses deux mains et bat l’eau de ses petits pieds: son visage amusé rit aux gouttelettes qui l’éclaboussent. A l'arrière-plan, deux baigneuses semblent se tenir à l'écart. Elles gardent les pieds dans l’eau ; mais l’une se dirige vers le bord; la deuxième assise, un peu penchée en avant, la main sur son genou, dans une paisible lassitude, regarde une compagnie, qui, non loin d'elle, crie et s’agite. Ce sont quatre belles filles, animées par une lutte joyeuse. Celle qui est prisonnière dans les bras d’une amie, a l'air courroucé ; les yeux baissés, le front plissé, toute tendue pour la défense, sa ronde poitrine en avant, elle repousse de la main :
les deux espiègles qui lui jettent sans pitié l'eau dans les yeux. Echappée de la bataille, une cinquième naïade rit de tout son visage.
pleur de ses formes contraste avec celles
d'elle, arrête la composition. Celle-ci est calme comme une figure de Poussin, pure comme une de ses vierges d'Arcadie.
La scène, si joliment mouvementée, se forme ainsi de groupes distincts, qui se réunissent en guirlande ; la science des lignes courbes y crée des harmonies exquises; le corps des jeunes filles a la souplesse des lianes; on les sent vivre, on les voit jouer, on les entend rire, dans l'air à peine doré, dans l’eau teintée d’un rose doucement rompu d'azur. +
Plusieurs bas-reliefs secondaires accompagnent l'œuvre de Girardon, tant au fond que sur les deux faces latérales du bassin.
La partie droite est de Le Gros, celle de gauche de Le Hongre. Elles sont en parfaite symétrie et répètent en les diversifiant leurs génies marins, leurs naïades, leurs enfants et leurs dauphins. Les motifs, de plus en plus petits, suivent la pente, chacun dans son cadre séparé.
A gauche, le dieu des eaux par Le Hongre
les roseaux et couronné de plantes marines.
marchant dans les fleurs et portant sur sa tête une corbeille de fruits, l’autre avec une