LES POEMES
LE POÈME PASTORAL, PAR GRANIER Rampe du Parterre du Nord Marbre sculpté en 1681
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l'hoto P. d'Auÿre.
LES POEMES : LE POEME SATIRIQUE, PAR PHILIPPE BUYSTER Parterre du Nord Marbre
boutent sans raideur ; lun d'eux simule un jeune Bacchus couronné et ceinturé de pampre, la main pleine de raisins.
Voici deux amours ailés, vêtus seulement d'écharpes flottantes, et, parmi eux, une petite fille dont la robe fendue laisse voir les jambes croisées ; une ceinture d'orfèvrerie s'agrafe à sa taille et un bijou retient l'étoffe sur ses épaules.
Trois bambins dansent autour d’une colonne fleurie, les mains levées, les bras arrondis. Un surtout est délicieux, montrant la jolie ligne de son dos; il s’appuie sur la pointe d'un pied, tandis que l’autre, en l'air, semble marquer la cadence.
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Photo Giraudon
LA FONTAINE DU BAIN DES NYMPHES (partie gauche) Allée d'Eau
Bas-relief de plomb, par Girardon, sculpté en 1670
Suivent des musiciens appuyés sur une lyre. Autour de leur corps des rubans retiennent des fleurs. L’un joue du flageolet, l'autre de la syrinx, et le troisième, de ses deux mains, bat la mesure.
Leurs voisins sont trois petits satyres, aux visages grimaçants ; ils dansent de leurs pieds fourchus autour d’un arbuste. Les jeunes termes qui leur succèdent, bien qu'engainés dans un fût de bronze, n'ont pas la mine moins épanouie.
Quels artistes ont exécuté ces groupes d'une vie parfaite, d’un équilibre harmonieux, dignes d'être comparés aux œuvres les plus célèbres de l’art florentin de la grande époque ? Les deux premiers sont de Le Gros, le troisième de Le Hongre, les deux suivants de Lerambert ; Le Gros a fait encore les trois satyres du sixième groupe, Lerambert les trois termes du septième, et, bien que tous les croquis fussent de Le Brun, on peut dire qu'ici plus qu'ailleurs lidée première, tout ingénieuse qu'elle ait été, s'est trouvée dépassée par sa réalisation sculpturale.
Ils continuent à se grouper trois par trois dans le bas de l'allée qui s'ouvre en éventail, les petits dieux, les petits oiseleurs, les petits musiciens. Nous les trouvons peut-être plus pittoresques, mais moins jolis que les premiers et d’une exécution moins parfaite.
Sans doute sont-ils nés trop hâtivement : lorsque
furent remaniés les deux bosquets qui prirent les noms des Trois-Fontaines et de l'Arc de Triomphe, l’Allée d'Eau dut se continuer en demi-lune; l'addition de nouveaux groupes S'imposa, et d’autres artistes furent conviés à fournir les modèles aux fondeurs.
Ce furent, immédiatement après les motifs anciens, trois petits pêcheurs de Mazeline, une fillette et deux garçons qui jouent avec des poissons, et trois chasseurs, du même sculpteur, dont l’un sonne de Ja trompe, l'autre tient un lièvre et le troisième caresse un chien. Les trois espiègles qui regardent l’eau tomber du bassin, ainsi que les trois petites filles qui suivent, dont l’une porte un perdreau, sont de ce Buirette, qui, vers le même temps, travaillait aux Amours du Parterre d'Eau.
Cette jolie enfance, disséminée un peu dans tous les coins des jardins, est ici réunie en bande rieuse; elle est l'animation et la gaieté de cette avenue, aimée et fréquentée de nos jours par les jeux d’une enfance à peine plus vivante que celle des sculptures.
L’allée nous a amenés devant le Bassin du Dragon. Les groupes de plomb épars sur ses eaux sont une imitation moderne un peu menue des modèles primitifs depuis longtemps détruits. L'ensemble ne manque pas d’un certain caractère. Au milieu de l’eau est le
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Photo Giraudon.
LA FONTAINE DU BAIN DES NYMPHES (partie droite) Allée d'Eau
Bas-relief de plomb, par Girardon, sculpté en 1670
dragon aux ailes énormes éployées, que montrent les estampes et les tableaux, et dont le milieu du corps, avec ses traces de dorure, est encore l’ancien plomb de Gaspard Marsy. Il représente, dans les jardins de Louis XIV, le serpent Python, dont Apollon fut vainqueur. Le monstre, serré de près par les dauphins, se dispose au combat, la tête renversée, la gueule ouverte, les griffes en dehors. Des enfants montés sur des cygnes dirigent vers la bête mythologique leurs arcs bandés.
Cette restitution d'un ensemble disparu, due à M. Tony Noël, est contemporaine de la grande réfection du Bassin de Neptune, dont l'achèvement coïncida avec les fêtes du centenaire des États Généraux réunis à Versailles en 1789.
Le 5 mai 1889, les eaux du Dragon et de Neptune jouèrent devant le président Carnot, comme elles avaient joué jadis pour le Grand Roi; les puissantes canalisations retrouvées, réparées, rétablies par les ingénieurs modernes, qui se gardèrent d'y rien ajouter, avaient permis ce miracle. Et depuis, les eaux de l'immense bassin, avec leurs cent neuf jets de forme et de hauteur diverses, sont redevenues ce qu'elles étaient autrefois, c’est-à-dire la plus importante partie des jeux d’eaux de Versailles, le principal attrait pour les foules et aussi pour quelques raffinés amateurs de ce noble spectacle.
Le Bassin de Neptune garde toute sa valeur décorative, même quand les eaux n’en viennent point animer les vastes lignes. Le Nôtre a donné le modèle de ce bassin et Mansart a surveillé la plus grande partie de sa construction. Tout d’abord, la seule beauté de l'immense vasque résida dans la ligne heureuse qui la dessinait. Sa forme de théâtre antique est à peu près la même de nos jours; la rectification du mur de soutènement, exécutée par Gabriel sous Louis XV, n’a presque rien changé à la conception première. Elle se présente à nous, après sa restauration définitive, dans une unité merveilleuse. Le décor Louis XV, plus mol et plus gracieux que celui de Louis XIV, s’harmonise cependant à l’ensemble majestueux. Les effets d’eau sont admirables et les plus élevés atteignent vingt et un mètres.
Dès l'origine, l'ornementation en fut arrêtée ; le Roi désirait consacrer cette pièce d’eau à Neptune, dieu des eaux marines. L'état médiocre des finances royales, au moment de la guerre de la Ligue d’Augsbourg, empêcha la réalisation des projets. Ils devaient être repris sous Louis XV, et si hardiment menés, qu'ils ont fini par nous donner la plus colossale et la plus heureuse décoration de plomb qui existe. Sans nul doute, on avait ici, comme partout dans le parc, couvert le métal de la mixture dorée qui en augmentait l'effet ; cet éclat lui manque de nos jours, et le plomb
restauré, que le temps n’a point encore honoré de sa patine, reste un peu sourd et ne produit point toute l'impression que les artistes rêvaient pour lui. Mais sa valeur décorative est telle qu’elle résiste aux conditions mauvaises où nous la goûtons aujourd’hui. Pour en bien juger, il faut contourner la vaste nappe et se placer au renflement du bassin, le regard
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l'hoto P. d'Aujce.