L’ARC DE TRIOMPHE
Estampe de J. Rigaud
d'un plein réalisme, d’une originalité et d’un accent inattendus, au milieu de la beauté apprêtée de toutes les.statues du parc. Le Phrygien est coiffé d’un bonnet, les chausses sont défaites ; un manteau tombe des épaules; le masque est franchement laid, la lèvre lippue ; mais il y a sur le front de cet être difforme la marque du génie. Dans une de ses mains, un papier se déplie ; de l’autre, il semble souligner ses paroles, car il parle et sa bouche est entr'ouverte : quelle est la fable qu’il récite avec cet air étrange et décevant ?
Le long du bosquet sont quelques bustes nouvellement placés, copies de l'antique vraiment peu inté-
ressantes : Alexandre, Rome, Diane, Minerve. Au milieu se trouve une statue de Méléagre avec le sanglier de Calydon. On a même utilisé ici les gaines de deux termes du monument funéraire du grand-prieur de Souvré !
Le bosquet de l'Arc de Triomphe conserve donc peu de chose de sa richesse d’autrefois ; mais il a mieux encore peut-être en cette parure que la nature, année par année, s’est chargée de lui offrir. Les grands arbres touffus penchent leur ombrage sur les bancs de pierre ; c'est un coin des jardins discret et silencieux.
A quelque distance de la pièce d’eau de Neptune,
UN BOSQUET DÉTRUIT : LE BOSQUET DE L’ARC DE TRIOMPHE Au premier plan, allégorie de la France triomphante
Peinture de Jean Cotelle
Le Nôtre avait dessiné avec un soin particulier le bosquet du Théâtre d'Eau; c'était sans conteste le plus important par ses effets hydrauliques, et il tirait son nom de sa configuration. Il formait un grand