PLAN DU BASSIN DE NEPTUNE
Tiré d'un album, daté de 1747, ayant appartenu au Roi Louis XV
agenouillée qui l’appelle. La scène intime, d’une élégante interprétation, est d’un groupement cadencé, d'une parfaite vérité d'ensemble ; chaque figure est par soimême une œuvre d'art, où l'esthétique de Regnaudin et celle de Girardon ont donné toute leur mesure.
Il faudrait lire à présent les vers de La Fontaine pour savoir l'admiration que ce grand ouvrage a excitée au temps où il a été conçu. La moindre intention de l'artiste est comprise et développée par le poète; cha-
cune des nymphes a son nom particulier et son geste se trouve caractérisé :
Ce dieu, se reposant sous ces voûtes humides,
Est assis au milieu d’un chœur de Néréides.….
Doris verse de l’eau sur la main qu'il lui tend,
Chloé dans un bassin reçoit l'eau qu’il répand ;
A lui laver les pieds Mélicerte s'applique;
Delphine entre ses bras tient un vase à l'antique ; Climène auprès du dieu pousse en vain des soupirs…. Rougit autant que peut rougir une statue.
Ce sont des mouvements qu’au défaut du sculpteur
Je veux faire passer dans l'esprit du lecteur.
La Fontaine ne manque point d'indiquer brièvement le sens symbolique de tout l'ouvrage ; la course royale d'Apollon à travers le ciel est comparée par lui à l’activité bienfaisante du monarque, non moins digne que le dieu d’un noble repos :
C’est ainsi que Louis s’en va se délasser D'un soin que tous les jours il fautrecommencer….
Cette grande composition est complétée, comme
elle l'était déjà dans la disposition primitive, par des groupes accessoires. Dans les excavations de la grotte,
ont été placés les chevaux du Soleil. Ils sont d’une ardeur, d’une vie extraordinaire, et, suivant le mot de La Fontaine, qui décrit encore ces marbres en vers chaleureux,
Ils semblent pantelants du chemin qu'ils ont fait.
A droite est l’œuvre de Gilles Guérin. Ce sont deux chevaux dételés du char d’Apollon. Les bêtes sont hardiment modelées, nerveuses et fringantes ; les narines paraissent frémissantes, « flambantes », dit