‹ Les jardins de VersaillesChapitre 65 sur 143 · PROTÉE · texte numérisé non relu

PROTÉE

Groupe de gauche du Bassin de Neptune F

Sculpture de plomb exécutée par Bouchardon en 1739

landes de tous côtés s’enchevêtrent, retombent jusque dans l’eau du bassin, et l’on sait que cette richesse ornementale se trouvait plus abondante encore quand le bassin était dans tout son éclat.

Les Amours jouent avec les fleurs tressées et s’en enlacent les uns les autres. C’est leur plaisir des heures dusilence ; mais comme le jeu est plus divin à l'instant de la pluie scintillante ! Les bustes ronds se redressent, les ailes palpitent sous l’averse ; le plus charmant, d’un geste délicieusement enfantin, pleure, la tête sous le

bras, car le jet rapide l’a sans doute aveuglé. Parmi les œuvres d'un grand artiste né et élevé en Italie, mais devenu tout français d'inspiration, celle-ci a la fraîcheur et l'éclat d’un bouquet de printemps.

A l'entre-croisement des allées qui rayonnent du Bassin de Flore, s'ouvre une des entrées du Bosquet de l'Étoile. Ce bosquet, dont le dessin n’est nullement compliqué, reçoit à tort, de quelques-uns, le nom de l'ancien Labyrinthe détruit sous Louis XVI, et qui se trouvait, d’ailleurs, de l’autre côté des jardins. Dans

leur forme primitive, les allées de l'Étoile étaient bordées d’un treillage orné de pilastres, où montaient des pieds de chèvrefeuille ; la corniche supportait des vases de porcelaine remplis de fleurs; des niches, sous lesquelles chantait un jet d’eau, rompaient la monotonie de ce treillage, dont l'usage fut à la mode assez longtemps dans les jardins à la française et qu’on assurait venir de Hollande. *

Au centre de l'Étoile se trouvait, à l'origine, une fontaine de rocaille assez importante, dite la Montagne

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