LA RENOMMÉE
Pourtour du Bassi
Groupe en marbre exécuté à Rome par Domenico Guidi, d'Urbino, et terminé en 1686
alla avec les dames dans les jardins, et nous trouvâmes les Bains d’Apollon allumés et, dans les pavillons, il y avait les hautbois; on y dansa même, et Mademoiselle de Nantes finit le bal par y danser une damegigonne le plus joliment du monde. »
Tout ici enchantait les yeux. Les deux cabinets sont décrits par un nouvelliste du Mercure, comme « aussi riches que galants. Ils sont de marbre blanc et ornés chacun de huit colonnes de marbre de couleur et de pilastres taillés dans le marbre blanc. Les montants des petits pans dans les encoignures sont remplis de trophées de bronze qui représentent les armes dont se servent plusieurs nations. Il y a aussi de semblables trophées en dehors, entre les pilastres. Les dômes sont enrichis de plusieurs ornements de métal et terminés par un vase. 5 Les fondations carrées de ces édicules sont encore visibles, et d'importants fragments de leur décoration sont conservés dans les magasins du Château. Ils n'ont disparu qu'au xix° siècle, faute d'entretien, et la perte en est à jamais regrettable.
L'effet en reste évoqué, en quelque mesure, par le double exèdre récemment restauré qui entoure le bassin. L'une des balustrades a été refaite en marbre rouge, avec les balustres de plomb doré; l'autre est de marbre blanc, avec les balustres de marbre rouge. On peut critiquer, au point de vue de l’histoire, ces choix qui ne correspondent pas exactement aux états anciens ; mais l’aspect général est vraiment heureux et dans l'esprit du décor de Le Nôtre.
Voici, pour les curieux, des renseignements précissurleschangements subis par cette architecture. Lors de la visite faite à Versailles par les am-
bassadeurs de Siam, en 1686, la relation du Mercure galant indiquait la balustrade la plus élevée
comme étant de marbre blanc avec les balustres de bronze doré, et la seconde tout entière de métal : « Le bassin est entouré d’une balustrade de bronze doré d’un autre dessin que celui de la terrasse. Sur chacun des piédestaux, que l’on y voit d'espace en espace, s'élève un jet en bouillon d’eau qui fait une rigole autour de la balustrade, dont l’eau, en se répandant, forme tout autour une nappe. 5 Un tableau de Cotelle est le plus précieux document pour l'état de cette époque. Le métal doré, qui s’y trouve indiqué pour les balustres de la première clôture et pour l’ensemble de la seconde, disparut en 1705.
A la fin du règne de Louis XIV, les descriptions, par exemple celle de Demortain accompagnant lestampe, nous assurent que la balustrade circulaire et celle qui est octogone sont de marbre du Languedoc et de marbre blanc ». La première a les appuis de
marbre blanc et les balustres de marbre rouge, et Ia
disposition est inverse dans la seconde : « L’allée cireulaire, dit expressément La Martinière, est bordée d’une balustrade dont les pilastres, les appuis et les socles __ 11 14017 #Sontde marbre Dates
c.] balustres sont de marbre du Languedoc. Au-dessous est le bassin octogone de la fontaine, entouré d’une balustrade ; le socle et l'appui sont de marbre du Languedoc ; les pilastres et les balustres sont de marbre blanc. » Il eût été pos-
cond état de l'époque Louis XIV.
cumulent encore en ce lieu choisi, malgré les destructions qui S'Y accomplirent. C'est d’abord la blanche vasque, œuvre de Girardon, qui a remplacé celle d'où s'élevait, à l’origine, la fameuse Renommée de plomb doré ; elle rappelle, en motif de marbre, la délicieuse « Pyramide » de
Photo P, d'Aiÿ v.