‹ Les jardins de VersaillesChapitre 72 sur 143 · THEATRE · texte numérisé non relu

THEATRE

AU

plomb du même maître. Elle est portée par quatre dauphins à la gueule entr'ouverte, enchâssés en de souples consoles et dont l'énorme tête soutient l'ensemble. Sous l’'écume blanche qui ruisselle de son jet, l'élégante coupe déborde sans cesse, tandis que des bouillons légers jaillissent, comme autrefois, d’un canal creusé sur l'appui même de la balustrade de marbre rouge.

Un large banc de marbre, coupé par les quatre ouvertures des degrés, s'adosse à la balustrade de marbre blanc. Des compositions en très bas relief,

trite, d’après les Anguier, emprisonnée aujourd’hui dans une salle du Louvre et qui n’a pu encore rejoindre ses SŒUrS. |

La plus ancienne et la plus délicate est peut-être la Galatée, façonnée par Tubi pour orner la Grotte de Téthys. La blanche nymphe paraît sortir des flots et demeure comme en extase dans la lumière. Plus spirituelle qu'une Vénus antique, aussi vivante qu’une de nos contemporaines, elle se laisse deviner tout entière en s’enveloppant dans ses voiles. Penchée Sur.

que le temps et les nettoyages n'ont pas altéré, apparaissent ici sur toutes les surfaces; ce sont quarante-quatre morceaux de G:irardon et de ses élèves, exécutés en 1678 et tous empruntés à des motifs de décoration militaire. [Is furent payés 10.600 livres, et représentent, comme les bronzes détruits de Ladoireau, « les armes dont toutes les nations se servent dans les combats ».

La variété en est extraordinaire : on voit S'y associer, de la façon la plus imprévue, épées, lances, hallebardes, carquois, étendards, casques, boucliers, faisceaux, tridents, trompettes, massues, haches, insignes surmontés de l'aigle ou du croissant, yatagans et cimeterres de toutes formes, avirons et proues. Quel-

son échathe et les boucles de cheveux ; son front est couron de fleurs et ses yeux semblent chercher Acis, dont la chanson vient jusqu'à elle.

Il est là, en effet, le rival heureux de Polyphème, appuyé su un tronc d’arbre et jouant de flûte pour la nymphe aimée.

vraiment on prendrait le berger :

pour le frère de son amoureuse, tant sa tête ronde a la grâce pareille, avec les mêmes fleurs dans les cheveux. Aucun marbre de l'époque de Louis XIV n'a mieux exprimé la souplesse d'un corps d’adolescent. ;

Magnier a sculpté l’Awrore, qui sépare les deux figures de.

ques boucliers antiques portent dans leur ciselure des travaux d'Hercule où des Renommées ; celles-ci rappellent la primitive désignation du bosquet, justifiant les imagi-

nations guerrières qui le remplissent et qu'on est étonné d'y rencontrer.

Lorsque le bosquet a été restauré de nos jours, on y a rétabli, sur leur même piédestal, les statues qui l’ornaient à la fin du règne de Louis XIV. Le roi Louis-Philippe les avait fait retirér, en 1844, pour les mettre à Saint-Cloud, autour du bassin en fer à cheval. Cet acte déplorable a été réparé, et les statues remises en place forment une réunion de morceaux d’un choix exquis. Il y manque seulement une Æmphi-

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