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LE VASE DE LA GUERRE

Marbre de Coyzevox, sculpté en 1684, pour la terrasse devant le Château

l'heure du déclin et des tristesses; et c’est pourquoi, tout autour d'elles, l'atmosphère est comme chargée de souvenirs.

Elles sont pour nous encore bien autre chose que des témoins du passé. Les artistes de nos jours honorent les meilleures d’entre elles comme des chefs-d'œuvre; ils les contemplent et les étudient volontiers, quand il leur plaît de se rendre attentifs aux rêves et à la tradition de leurs aînés. Pourrions-nous faire mieux que de suivre leur exemple ?

Si l'on songeait trop vite cependant que c'est un vaste Musée de la Sculpture française qui reste encore

à parcourir en ces jardins, — une collection complète où tous les grands noms de deux siècles d’art incomparables sont représentés, — plus d’un promeneur

sortant du Château hésiterait devant cette fatigue nouvelle. Mais l’enseignement qu'il en doit recueillir peut être pris dans le plaisir le plus reposant, dans la joie d’une belle journée, alors que les parfums montent des

parterres fleuris et que l'air très pur vivifie l'attention et soutient la marche.

Après plusieurs heures passées dans les appartements, la promenade en ces jardins et ces bosquets, sans nous enlever du même milieu, est d’un charme apaisant et profond.

Nous pouvons descendre sur la terrasse et visiter l'une après l’autre les œuvres qui s’harmonisent si bien avec l'architecture du parc et révèlent l’âme ingénue et magnifique de nos pères ; nous goûterons, en même temps, la fraicheur des grands ombrages, que les années ont faits plus beaux.

La longue masse du Château se détache de partout, imposante et nette, sans qu'aucune plantation d'arbres en vienne interrompre les lignes. Vers l'aile du nord seulement, de hauts feuillages les rejoignent et semblent les prolonger. Mais l'édifice est entouré d’un espace immense, où toute la décoration reste basse et comme

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