CHAP. III. FONDATION DU COLLÈGE DE METZ
Le 2 5 Août, jour de la fête du Roi, à la suite d'un repas splendide donné par la ville à la Duchesse, dans la grande salle du Palais, une pastorale fut jouée par les élèves du collège. Le sujet en était : « Sur la résiouissance de l'advenue et du séiour de Madame en la ville, » le tout accompagné de beaux concerts de voix et d'intruments, ' Le Duc et la Duchesse de la Valette quittèrent Metz le \6 Septembre.
L'année i625 fut terrible pour le Pays Messin : la peste, apportée à la suite des armées de Mansleld et de Cardonne pénétra dans la ville et y emporta plus de trois mille personnes. La même année le P. Pérard fut appelé à Paris et remplacé, comme recteur, par le R. P. Tiphaine. Connu déjà par ses écrits contre les protestants, le nouveau recteur sut bientôt faire apprécier l'exquise douceur de son caractère à laquelle s'alliait une science remarquable. ^
En ih'i-j, il fut remplacé par le P. Louis Magniet, auquel succéda en i(')3o, le P. Jean Rousselet. L'abbaye de Saint-Eloi possédait un certain nombre de fermes. Ces biens furent attachés au collège des Jésuites, lors de sa fondation. Comme l'abbé son prédécesseur, le Père Recteur était seigneur des villages où ces fermes se trouvaient. A ce titre, il devait prendre les mesures nécessaires pour y conserver le bon ordre, rendre la justice et assurer la sécurité publique. Le premier acte de juridiction de cette nature est du 14 Septembre i63o.
1 Voir Pièces justificatives, note 16.
-' Voir Pièces justificatives, note 17.
3o LES JÉSUITES A METZ
Certains désordres s'étaient produits à la fête du village de Marivaux. Le P. Rousselet, recteur et en cette qualité, seigneur de Marivaux, publia une ordonnance « enjoignant et commandant à toutes personnes de quelque condition et qualité qti'elles s-oient se trouvant en ladicte fête et sur la seigneurie dudit Marivaux, de sV comporter en toute honnesteté et modestie chrétienne, conserver et nourrir la paix et bonne amitié fraternelle, défendant en outre très expressément de blasphémer ou jurer le nom de Dieu, se quereller, battre ou frapper à peine d'une amende, ou de châtiment corporel, si le cas y echet. » '
En 1(334, le P. Lecazre fut nommé recteur. « C^était, dit l'Évéque de Madaure, un homme d'une probité et d'une piété singulières, d'une rare et profonde érudition et un des plus excellents et des plus soigneux ouvriers de la vigne du Seigneur que j'a3'e encore connu. »
Bien que les Jésuites eussent obtenu de la ville en i()32l'abandon d'un bâtiment voisin du collège pour en agrandir les dépendances, ils reconnaissaient chaque jour l'impossibilité de faire prospérer leur établissement dans un local aussi peu spacieux. Le P. Recteur présenta une requête à la Congrégation des cardinaux, alin de l'autoriser à vendre et aliéner la maison et chapelle de Saint-Eloi. Le décret d'autoiisation fut accordé le
' Archives de la l'réfeclurc, tonds l'\ ()i-ioi. 2 Résolution prise par l'Asseiiihlec des Trois ordres le i3 Mars i(j3-2 Aichiv. Prêt", fonds G.
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27 Mai ir)34 et le R. P. Mutio Vitelleschi, général de la Compagnie y acquiesça le 3 Juillet.
Le Père Fulgence, prieur du couvent des (larmes déchaussés de la maison de Nancy, acheta l'abbave de Saint-P'loi pour y fonder un nouvel établissement de son ordre. Le prix en fut fixé à onze mille six cents livres et le contrat passé par devant Charles Sertorius, aman ou notaire de Saint-Médard, le 17 août 1644. L'aliénation à perpétuité fut confirmée par Lettres patentes du Roi du mois de Septembre i<)44, vérifiées au Parlement de Metz, le 19 Octobre de la même année.
Les autorités de la ville permirent aux Carmes déchaussés de s'y établir, à condition de ne pas mendier. ^ Grâce aux libéralités de Catherine de Médicis, ces religieux firent bâtir l'église qui sert actuellement de bibliothèque publique de la ville.
Les Jésuites transportèrent alors leur collège au delà de la Seille, dans une maison située rue Mazelle. Ils en prirent possession et y firent la rentrée des classes, le 2() Octobre i()35. -
' Les petits Carmes ou Carmes déchaussés prirent possession des bâtiments de l'abbaye Saint-Éloi , occupés plus tard par la Caisse d'épargne et par le mont de piété. L'église fut bâtie en i()7() par Jean Beto, architecte italien. Les Carmes fondés par le B. Jean de la Croix, réformés par sainte Thérèse assistaient les malades, prêchaient et donnaient des missions. Le Maréchal de Schomberg fut un des insignes bienfaiteurs de leur maison de Metz.
^ Les Jésuites n'occupèrent que deux ans cette maison qu'ils avaient achetée au sieur Bandolliez. Ils la cédèrent en i63j à
Les protestants avaient profité des préoccupations causées par la guerre de Trente ans pour donner une extension considérable à leurs institutions. En i(334, ils avaient à Metz vingt et une écoles et un collège fréquenté par 83 élèves. Ils donnaient des prix, jouaient des tragédies et faisaient des assemblées aussi impunément, qu'on eût pu le faire au collège de Navarre, à Paris.
Le Roi, averti par l'Évèque de Madaure, supprima ces établissements par lettres du 5 Novembre i()34. Tout en contraignant les réformés à faire élever leurs enfants au collège de la ville, on leur laissa des garanties pour la conservation de leur religion. Un ministre de Metz, nommé par lettre cachet du Roi, devait pourvoir à l'instruction religieuse de ceux des enfants de la R. P. R. dont l'instruction était confiée aux Jésuites.
En i63(5, Jean Bontemps, chanoine et trésorier de la Cathédrale, laissa en mourant tous ses biens à la maison
Philippe Praillon qui la vendit le 3 août i663 aux Ursulines. Elle fut occupée par ces religieuses jusqu'en 1670. A cette époque, les chanoines réguliers de l'ordre de saint Antoine, vulgairement appelés Antonistes en firent l'acquisition. Les jardins du couvent bordaient la Seille. En 1S12, l'administration municipale Ht ouvrir une rue dans toute la longueur de ce couvent et construire un pont établissant une communication entre la rue Mazelle et la place l'^riedland (ancien emplacement de l'église Saint-Simplice, démolie en uScx)). dette rue est actuellement la rue de la Grande armée. A l'époque où les Jésuites l'occupaient, la façade sui- la rue Mazelle était longue de SG pieds messins (27 mètres 27 c). La longueur mesurait 2X0 pieds {79 mètres 14); la largeur, au milieu, 140 pieds (4.^ mètres i(i). Arcliivcs de Li Prcfccliirc. Jauriml de Mc't^. — Voir le plan ci-ct)ntre.
CHAP. m.