TRANSLATION DU COLLEGE RUE DE LA CHEVRE
E nombre des élèves croissant chaque jour, les bâtiments du nouveau collège devinrent bientôt insuffisants. En illSy, le P. Lecazre acheta de Philippe Praillon, lieutenant-général du bailliage de Metz et de sa sœur, Madeleine de Leinange, veuve du sieur de Noiza), deux maisons aboutissant l'une sur l'autre (dans le sens de la percée faite par la rue de l'Evéché, au chevet de l'église Notre-Dame) moyennant vingt mille francs messins et la jouissance, sa vie durant, de la maison que les Jésuites abandonnaient dans la rue Mazelle. '
' « Le sieur Praillon, quoiqu'il prise raisonnablement sadite maison la somme de trente mils francs, toutefois sur l'assurance qu'il a que les Pères auront st:>uvenance de lui en leurs prières et
En i()42, le P. Lelorrain, qui avait remplacé comme recteur le P. Lecazre, présenta une requête au Roi pour obtenir la cession d'un magasin occupant l'emplacement de l'ancien Temple occupé par les Réformés, Dans cette requête, il remontrait respectueusement à Sa Majesté qu'en accordant cette grâce, on ne froissait pas les intérêts de ceux de la R. P. R. attendu que ce bâtiment avait été condamné à démolition et qu'on leur avait donné en échange un terrain plus considérable. Le Roi se hâta de répondre d'une manière favorable à cette demande. *
Le 6 Juin, les protestants obtinrent un arrêt de surséance. Le R. P. Recteur partit pour Paris, porteur des suppliques les plus vives, en faveur des Jésuites, de la part des autorités et de l'assemblée des Trois ordres. ^
saintes messes et conserveront la mémoire de son affection, accorde que moyennant la somme de vingt mils francs, ladite Compagnie entre dès à présent en possession réelle et actuelle de ladite maison, pour y établir leur demeure permanente.» {Arcli. Pr. fonds G).
' Voir note 19. — Le Temple de la rue de la Chèvre avait été bâti en 1576, en deux mois; c'était un hangar en planches qui fut inauguré le 18 novembre i5yf). Le 21 février 1577, les protestants en avaient été expulsés. En 1597, ils s'étaient remis, les armes à la main, en possession de ce terrain. Henri IV, par lettres patentes du 12 mars 1597, avait ordonné la démolition de ce hangar et avait assigné aux réformés un terrain dans le retranchement de Guise (arsenal). L'emplacement de la rue de la Chèvre était abandonné; en i63o, le maitre-échevin y faisait emmagasiner le bois de la ville. Il avait 3o mètres de long sur 23 de large; c'était un bâtiment mal construit et sans apparence.
^ Lettres patentes du Roi, 3 février 1642. — Lettres des représentants catholiques des Trois ordres à M. de Chavigny et à M. Desnoyers, conseillers d'État. {Archives de la Préf. fonds G. 14^).
Ces démarches furent couronnées de succès. Le 24 Décembre, Louis XIII, par de nouvelles lettres patentes, leva l'arrêt de surséance et chargea M. de Lambert, Gouverneur de Metz, de mettre définitivement les Jésuites en possession de l'ancien Temple. ^
La cérémonie de l'installation eut lieu le 22 Janvier 1643. Messire Jean de Lambert, Maréchal des camps et armées du Roi, Gouverneur de Metz, s'étant présenté en face du Temple et le R. P. Lelorrain lui a3'ant exhibé les lettres patentes du Roi, il prit les clefs du Temple et les remit au Jésuite en présence de Mgr. Meurisse, administrateur de l'Evéché, de Henri de Haraucourt, do3'en du Chapitre, du R. P. Jacquinot, provincial de la Compagnie de Jésus et de plusieurs, tant du clergé et de la noblesse que des notables bourgeois de la cité. ^
En ce moment tout semblait favoriser le collège de Metz : bonne volonté de la part des autorités, affectueux accueil des Evèques et du clergé, entente complète avec les Trois ordres et les habitants de la ville; ces bonnes relations furent encore consolidées par l'arrivée, comme Gouverneur de la province, du Maréchal de Schomberg, homme des plus bienfaisants, d'une piété fervente et
' Lettres patentes du Roi, 4 août lù^'^. 14 octobre 1644. (.ire//. P réf. fonds G.).
2 Voir Pièces justiticati\ es, note 20.
CHAP. IV. TRANSLATION DU COI-LKf.E Sy
qui, comme le Roi Louis XIII, avait pour les Jésuites une grande affection. '
En 1644, '^^ disette et le mauvais temps avaient complètement ruiné les villages du pays Messin. Depuis trois ou quatre ans, les terres ne rapportaient plus rien. A cette époque les revenus de ces fermes étaient la seule ressource du collège. L'instruction était absolument gratuite, les Jésuites n'avaient pas de pensionnaires et la seule rétribution exigée des élèves consistait en une somme de 25 sols par an, pour le bala\age et l'éclairage des classes. De toutes parts, les Messins vinrent à leur secours, mais la misère générale était grande et il fallut que le Roi intervint. Il ordonna qu'il fut délivré à chacun des religieux du collège une double ration de pain; plus tard, ce don fut converti en une certaine quantité de froment. Pantin, l'abbesse de Saint- Pierre fit remise des dîmes alfectées sur certains biens appartenant au collège. -
Vers la même époque, un incident faillit troubler la bonne harmonie qui existait entre les Jésuites et le Parlement. Cette assemblée avait été exilée à Toul, par lettres patentes du 10 Mai iGjG. Elle s'y trouvait encore
' Charles de Schomberu, duc d'Halliiin, Pair et Maréchal de l'^rance, Chevalier des ordres du Roi, Ct>lonel-General des Suisses et Grisons, Gouverneur des Trois Evéchés, puis Vice-Roi de Catalogne, mort en i65G. Il avait épousé en premières noces une tille du Duc d'Epernon, en secondes noces Marie d'Hautefort. — En 1644 i^leux morts vinrent affliger les Jésuites de Metz, celle de Mgr. Meurisse et celle du R. P. Duez.
- Voir Pièces justificatives, note 21.
en 1646, lorsque le P. Committi, de Pont-à-Mousson, prêchant TAvcnt dans la Cathédrale de Toul, prononça quelques paroles qui blessèrent la vive susceptibilité des magistrats. Il fallut, pour apaiser ce débat, que le R. P. Provincial se rendit à Toul. Le premier Président, au nom de la Cour, déclara « qu'elle estait satisfaicte de la submission et pardon qu'il avait demandé pour le P. Committi et l'autorisa dorénavant à prêcher devant elle. » Jusqu'à la suppression de la Compagnie, ce fut d'ailleurs la seule discussion grave que cette cour souveraine eut avec les Jésuites. •
En i65o, le R. P. Thomas de Villers vint remplacer comme recteur le P. Lelorrain. L'année suivante, les Trois ordres de la ville de Metz décidèrent qu'il y avait lieu, pour l'utilité publique de fonder au collège deux chaires de philosophie. Ce projet approuvé par le Maréchal de Schomberg, ratifié à Rome par le R. P. Général, fut arrêté et le contrat en fut signé le 10 Janvier 1053. La ville s'engageait à entretenir à perpétuité deux régents de philosophie sous lesquels les enfants des catholiques et ceux des protestants pourraient également étudier. Les Jésuites, de leur côté, devaient fournir deux sujets capables qui n'enseigneraient rien qui put alarmer la croyance des deux religions. On fix-i l'entretien des deux régents à mille francs messins à prendre sur les revenus les plus clairs de la ville. -
^ Histoire du Parlement de Met':;, par Michici., Paris, 1845. - 27 avril i63i. Délibération des Trois ordres au sujet de la fondation des cours de philosophie. — 2() avril i63i. Lettre des
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Les protestants de Metz avaient adopté, à une époque restée incertaine, au lieu des doctrines étroites de Luther, la religion plus commode de Calvin. Les chefs du parti, trouvant ces formes plus accessibles aux masses, plus conformes au tempérament des Français, avaient opéré ce changement sans qu'il en soit resté trace dans les écrits du temps. ' Grâce peut-être à cette modification, grâce surtout à l'esprit conciliant de Paul Ferry qui, pendant plus de cinquante ans, gouverna l'Fglise réformée de Metz, les luttes religieuses s'étaient fort adoucies dans notre région, au milieu du XVIL siècle.
Les élèves protestants du collège étaient nombreux. Dans les livres qu'ont écrits les réformés, on ne trouve ni une plainte, ni une critique contre l'éducation donnée à leurs enfants. On peut ajouter, qu'à l'exception
mêmes au Maréchal de Schomberi;. — 26 octobre i65i. Lettre des mêmes au R. P. Magniet, Provincial. — Réponses favorables du maréchal et du R. P. Provincial. — 10 janvier if)33. Contrat. — 5 mars i653. Ratiiication du R. P. General Goswin Nickel [Archives Préf. fonds G).
D'après ces documents, on voit qu'en i653 le P. Jean Forget était préfet des classes. A Saint-Arnould, les Bénédictins avaient aussi une chaire où Ton enseignait publiquement et gratuitement la philosophie. Selon Dom Tabouillot, les mille francs messins assignes à la fondation des chaires représentaient à la dissolution du collège une valeur de 3i6y livres 10 sols et il rend, sur ce point, justice aux Jésuites, en ajoutant que bien que toutes les choses de la vie aient considérablement augmenté depuis le temps de la fondation, ils n'avaient jamais exigé aucun supplément.
' Les écrivains les plus autorisés du protestantisme a Metz, Paul Ferry, Ancillon, Cuvier, Thirion ne fournissent aucun renseignement sur cette variation.
de Paul Ferrv, tous les hommes de quelque valeur sortis de leurs rangs, ont été élevés par les Jésuites. Les Ancillon, Le Goullon, de Couet, Bancelin, de Saint- Aubin, de Vigneulle firent leurs études au collège de Metz.
Les prédicateurs catholiques avaient des sièges réservés dans les Temples, ils pouvaient ainsi écouter les sermons des ministres et les réfuter. Ils s'y rendaient régulièrement et de leur côté, les ministres fréquentaient les églises catholiques. Un jour même, un jésuite de Metz, le P. Sevestre, prêchant à la Cathédrale le 28 Avril i<)35 loua fort un sermon de Paul Ferry, auquel il avait assisté. '
Paul Ferrv disait très-hautement : « Il n'y a personne qui ne déplore la séparation qui est arrivée et qui n'en blasme les auteurs, encore qu'on ne demeure pas d'accord sur ceux qui le sont, » - Les Jésuites espérèrent longtemps arriver à une entente avec ce ministre. Par lui, ils comptaient entraîner les religionnaires de bonne foi. La situation de l'Eglise réformée de Metz qui avait dans le ro\aume une indépendance exceptionnelle, permettait d'obtenir un meilleur résultat que dans d'autres villes où tous les efforts s'étaient brisés devant la violence fanatique ou la mauvaise foi des contradicteurs. Plusieurs Pères du collège de Metz entretenaient person-
' CuviER. Notice sur Paul Ferry. Mcnwircs de l'AcadcDiie de Met-Il, 1869, p. 483.
^ Paul Fkrrv, Catéchisme i:^L'iiérjl de Li reformjtion. Sedan 1654, in- 12, p. 3.
nellenicnt avec Paul Ferry des relations fort amicales. Le P. de Rhodes, procureur du collège, et le P. Adam lui firent les premières ouvertures à ce sujet. Elles furent accueillies favorablement, ils en donnèrent avis au P. Annat, confesseur du Roi. '
(Jn crut, dès lors, pouvoir .c(jmmencer les négociations; Bossuet, do\en du chapitre de Metz, fut chargé par le Roi de conférer avec Ferrw Après quelques entretiens et l'échange réciproque de mémoires sur les questions qui les divisaient, Paul Ferr}' déserta la lutte se retranchant derrière la nécessité où il était d'en référer à ses collègues et d'avoir le consentement des autres églises réformées du Ro\aume. -
En noq, le Maréchal de Schomberg vint a Metz; les élèves du collège lui donnèrent la représentation d'une tragédie latine. Le titre de la pièce était Ncaitias
' l''errv écrivait quelques mois plus tard à un de ses correspondants, Théodore Maimbouri;, cousin du célèbre Jésuite de ce nom : « I.c P. de Rhodes me dit, il v a quelque temps qu'il avait écrit de moi au P. Annat et lui avait répondu de ma sincérité. . . Une personne d'honneui- qui a vu sa lettre m'assurait encore hier qu'elle portait que je suis un homme incorruptible et non intéresse. . . (^'est le premier qui me fit l'ouverture de ce grand dessein et il me la fit d'une manière si sérieuse et si franche et avec une telle avance d'abord que je crus ne devoir pas lui fermer la bouche sur une chose que j'ai désirée toute ma vie et dont j'ai fait plus d'une fois la déclaration et ou je n'ai trouve personne qui m'ait contredit.» La liaison de Paul Ferry avec le P. de Rhodes était assez étroite. Il dit en effet dans la même lettre : «Il a pris grand soin de moi durant mes longues et âpres douleurs et m'a amené un de sa robe qui se tient à Pont-à- Mousson et qui fait la médecine avec grande réputation. »
2 BossuET, édition de Versailles. in-X", iSi3, tome XXV, p. loi.
niart/r, sire Procopiiis ' Le théâtre classique de la Compagnie de Jésus a toujours été une forte et féconde méthode d'enseignement. Chaque année, les professeurs devaient composer ou faire préparer dans leurs classes par leurs élèves pour les fêtes scolaires, des tragédies, des comédies, des drames en prose ou en vers. L'étude des chefs-d'œuvre de l'antiquité sacrée et profane fournissait un thème inépuisable de compositions dramatiques. Les écoliers choisis parmi les meilleurs, humanistes et rhétoriciens surtout, apprenaient sur le théâtre du collège l'art difficile de bien dire en public; la mémoire, le geste, la parole trouvaient dans ces exercices fréquents et souvent solennels, un excellent moyen de se développer et de se fortifier.
En 1(357, 1^ Père René Ditheau remplaça comme recteur le R. P. de Villers. Cette même année eut lieu une innovation. A la fin de l'année scolaire, les élèves virent leurs efforts récompensés par une distribution • de prix. Henri de Haraucourt, doyen du chapitre et Vicaire-général de l'Evéché de Metz, voulut en faire les frais. Cette cérémonie fut accompagnée de la représentation d'une tragédie latine.-
Le 18 septembre lÔDy, après la prise de Montmédy, Louis XIV vint à Metz, accompagné de la Reine mère, du Cardinal Mazarin et d'une suite nombreuse. Les Messins épuisés par les guerres et les disettes des an-
'■ Voir Pièces justificatives, note 22.
2 Voir Pièces justificatives, note 23.
nées précédentes, hrent cependant au Roi une brillante réception. Louis XIV^ quitta la ville le 27 octobre pour retourner à Paris.
Les réformés voulurent profiter du passage du Roi pour obtenir quelques concessions. Ils demandaient entr'autres choses, l'autorisation de faire enseigner le grec et le latin par des régents de leiTr religion. Loin d'être favorable à leurs prétentions, le Roi crut devoir restreindre les libertés dont jouissaient les protestants.^ Durant son séjour à Metz, Anne d'Autriche posa solennellement la première pierre du couvent de la Propagation de la Foi destiné à recevoir les femmes juives et protestantes qui voudraient se convertir. La fondation en avait été autorisée par lettres patentes du 2(3 mai 1(356. La chapelle fut consacrée le 3 février i(358. Bossuet, choisi pour directeur spirituel et temporel de cette maison, prononça le sermon d'inauguration.
Vers la fin de i()62, un ancien élève des Jésuites, Mathieu Lécossois, d'une famille de ^^erdun,^ fit remettre au Roi un mémoire dans lequel il dépeignait
' 1660. Un Kchevin catholique, tut- il le dernier, doit avoir le pas sur un echevin appartenant à la R. P. R. — i(J63. Arrêt de bannissement contre les prêtres et relit^ieux apostats. — iG65. Peines sévères contre les hérétiques relaps. — Recueil des édits enregistrés au Parlement.
2 Ancillon dit un Jésuite; mais, il v a tout lieu de croire que l'auteur du Mémoire intitulé : les Crimes impunis de ceux de la R. P. R. dans la ville de Met:^ était Mathieu Husson l'Ecossois, qui après avoir fait ses premières études au collège des Jésuites de Verdun, fit sa rhétorique à Paris, sa philosophie à Pont-à- Mousson et devint Conseiller au presidial et échevin de \'erdun.
avec anxiété les entreprises et usurpations des réformés dans quelques localités du gouvernement des Trois Evèchés, Il soutenait que des crimes contre les personnes et les choses sacrées avaient été commis sans que la justice du pays en eut été informée. Louis XIV renvoya ce mémoire au parlement de Metz avec ordre de lui donner des explications sur chacun des articles qui V était contenus. Le Procureur général fut chargé avec le lieutenant criminel et le procureur du roi du bailliage de Metz de s'enquérir des faits qui avaient donné lieu à la plainte. Les réformés, mal inspirés, répondirent d'une manière arrogante. Ils réclamèrent le libre exercice de leurs écoles, la restitution de leur ancien temple et la réintégration dans tous les emplois dont ils avaient été dépossédés. Un arrêt du Conseil d'Etat du H) mai i(')()3, ordonna aux magistrats de faire observer strictement les ordonnances.'
De leur côté, les religieux de l'abbaye de Saint-Vincent réclamaient, comme leur appartenant, le terrain sur lequel avait été bâti le nouveau temple. Le Conseil d'Etat ht droit à cette requête et accorda aux protestants un emplacement dans les fortihcations pour y construire un temple. Cet édifice fut inauguré le 2Ô mars KÎlïq, par Paul Ferr\'.
Le R. P. René Ditheau a\ant cessé ses fonctions de Recteur en \6ho, avait été remplacé par le P. Charles d'Haraucourt. Issu d'une famille lorraine, ce Père n'était
' Recueil des édils eiuei^istrês au Parlement de Metj, tome IV pp. 5i et (j8.
pas moins illustre par sa science que par l'extrême douceur de son caractère, l'exquise politesse et le tact qu'il montrait dans ses relations avec le monde. *
A cette époque fut terminé un procès pendant depuis plusieurs années avec les Ursulines. Ayant acheté, après la mort de Philippe Praillon, l'ancien collège de la rue Mazelle, ces religieuses, se plaignaient d'une erreur de contenance, le terrain qui leur avait été livré étant inférieur à celui qui était porté sur les titres de propriété. Le parlement rendit un arrêt, le lo mai i6(3i, dans lequel il donnait gain de cause aux Ursulines, en lavant les Jésuites de tout reproche, vu qu'ils avaient cédé ce qu'ils avaient reçu. Deux ans plus tard, du reste, ces religieuses abandonnèrent cette maison, Philippe de Loynes, président à mortier au parlement, a^ant donné à ses deux tilles qui entraient au couvent des Ursulines de Metz, la maison de la rue Saint-Marcel, occupée par cet ordre jusqu'en 1702.
D'autres procès, à propos des biens du collège, vinrent encore à diflerentes reprises occuper, soit le parlement, soit les tribunaux inférieurs, mais ces diverses affaires, poursuivies à la requête des maires ou officiers de basse justice des villages où se trouvaient situées les fermes et métairies, se passaient en dehors des Jésuites et n'étaient le plus souvent que des questions de police locale.^
' Voir Pièces justirtcatives, note 24. '
■^ 1657. Procès au sujet des vignes de Woippy. — 1G60. Si les liabitants de Marivaux ont droit de vaine pâture sur le ban de Mèy — contre M'" du Bac, conseiller en la cour, seigneur de Hayes, etc. Archives de la Préfecture, fonds G.
F^n 1664 Le P. Etienne Legrand vint remplacer le P. d'Haraucourt. Les relations avec le Parlement, où les anciens élèves du collège devenaient chaque jour plus nombreux étaient excellentes ; aussi, en i6b5, lorsqu'il fut question de poser la première pierre de l'Église du collège, les Jésuites en déférèrent l'honneur à cette cour souveraine. Le parlement accepta avec empressement et reconnaissance. Dans la séance du 2 mars, il décida, toutes chambres assemblées, qu'une somme de cinq cents livres serait prélevée sur les fonds de la Cour pour la construction d'une arcade de l'Elglise et que vingt-deux livres seraient distribuées en gratification aux ouvriers. Le 2 5 mars i665, la première pierre fut posée avec une grande solennité par Claude de Bretagne, baron de Loisy, premier président du parlement. La cérémonie religieuse fut présidée par son frère Jean de Bretagne, abbé de Saint-Georges de Metz. La pierre fixée dans les fondations porte l'inscription suivante :
S'^Liidoj'ico, Fraucorum rc^^i, S'^Ig-iialio, Soc.J. fiiudalori, cxacta ab hoc loco, in via cui a capra uomcu est, Ihvrcsi, primum me hiijits lempli lapideui dicai'il sacrainlque L)D. Joauiies de Bj\'taiine, abbas S^' Georgii Metensis et ]^illerii ; posuit rero uoiuine senalus Aleteiisis, illiist)'issiiiiiis DU. Claiidiits de Bretai!;!ie ejusdeni seimtiis priimis pra'ses.