CAMPIANUM
Drama Jiistoricum occasione festi onomastici R. P. Leonis Turqiiand Rectoris collegii S. J. Metensis, Discipidi academici e classibus pliilosopkicv, rhetonccv, humanitatis et grammciliccv reprcesentant actores. Die i Julii iSSy.
(Cretineau-Jolv, Histoire de la Compagnie de Jésus, tome 2,
Ch. 5.)
Dram.\tis Personne.
Campianus : Presbyter Societatis Jesu,
proscriptus Eduardus de Morlaincourt.
Yatesius : Lyfordensis castelli domi-
nus, catholicus Alfridus de Geyer.
Elliotus : Apostata anglicanus, olim
catholicus nomine Pseudopistus. . Josephiis Berrard. Mysthocyon : Elliotii adjutor . . , . Léo Altviayer. AsTYNOMus : Prœtor Norvicensis . . Eugenius Aireng. Xylan DER, Lignarius ex Yatesii fa-
milia Paulus de Geyer.
Thyr.eus, Lyfordensis castelli janitor Paiilus Le Mercier. DuECETES, Yatesii œconomus .... Augiistiis Peyssard.
Elpidius, Yatesii filius Caroius Chlafon'ski.
Neaniscus, Xylandri lilius Henriciis Bertrand.
Satellites, astvnorai.
RusTici.
Actio peragitiir in Xorfolciensi coniitJtn, non procul ab urbe Xorrico, partim juxta Lyfordense castelliini, partivi in ipso castello.
Des acteurs de ce drame, cinq avaient déjà figuré dans la représentation de Bijplionius (note 44). Des cinq autres, trois sont décédés : Léon Altmayer, reçu à l'école polytechnique en 1862, (le R. P. Didierjean lui a consacré une notice dans son ouvrage sur Saint-Cle'nient, tome I, p. 3i3), Auguste Peyssard et Henri Bertrand; ce dernier, au moment de sa mort en 1889, était maire de Briev et conseiller général de Meurthe-et-Moselle. L'un des survivants est capitaine de vaisseau.
40. Le Père Modeste Boutilier, né le 3 novembre ijgS, dans le diocèse de Belley, fils d'un receveur général des finances, semblait appelé à un brillant avenir, lorsqu'en 181 5 il se présenta à Saint- Acheul et demanda à entrer dans la Compagnie de Jésus. Envoyé à Metz, en i835, il y revint à plusieurs reprises, et depuis i852 y resta jusqu'à sa mort. Sa droiture, sa simplicité, son égalité d'humeur lui gagnaient tous les cœurs. Indépendamment d'un très grand nombre de membres du clergé et des communautés religieuses, il confessait beaucoup de fidèles. On disait dans le peuple qu'il n'était pas étonnant que le P. Boutilier fût si jaune et si maigre, vu qu'il ne se nourrissait que de péchés et ne prenait pas le temps de manger, tant il était assidu au confessionnal.
Un autre Père mourait à Amiens le 3 janvier iSSj; le Père Henri Maillet, né à Amiens le 27 février 1827, ancien élève de Brugelette, avait été professeur de cinquième à Metz en 1854 et i853 ; malgré son état de maladie et de souffrances, il était fort gai et très aimé de ses élèves.
Le P. Arsène Dussaussoy, ne le i3 janvier 1829, entré dans la Compagnie en i852, fut envoyé à Metz en 1854 comme surveillant de la première division ; il n'y passa qu'une année, mais son angelique piété, sa patience à endurer les souffrances qui le torturaient, son extérieur même qui rappelait les portraits de saint Louis de Gonzague, ont laissé un souvenir profond dans la mémoire des internes de 1834. Il mourut à Angers le 17 mars 18.17.
En i856, un ancien Père de la résidence de Metz, le Père Gloriot, aumônier militaire et émule du P. Parabère en Crimée, succombait dans les ambulances de Gallipoli, aux atteintes du choléra qu'il avait gagné en soignant nos soldats.
47. Edmond Diitiwit, né le i^^'" mai i83j à Amiens, où son père était architecte de la cathédrale, entra à Saint-Augustin le i^r novembre 1854. Pendant deux ans, il rendit de grands services au P. Lauras pour la confection des plans de Saint-Clément. C'était un excellent élève, et malgré sa mauvaise santé et ses occupations qui le mettaient un peu en dehors de la \-ie commune, son caractère aimable et gai, son talent de dessinateur, sa bonne et franche piété le faisaient aimer de ses camarades. Bachelier ès-lettres et ès-sciences, il quitta Metz à la lin de 1857 pour entrer à Paris dans les bureaux de M. Viollet-Leduc, le restaurateur de Notre- Dame de Paris, du château de Pierrefoiids et l'inspirateur des œuvres d'architecture qui ont fait le plus grand honneur à l'art moderne. H devint bientôt l'élève privilégié du savant architecte et, tout en suivant les cours de l'école des beaux-arts, fut chargé par son maitre de la surveillance de travaux et de la confection de plans que ne semblaient comporter ni son âge, ni le peu de temps qu'il avait passé à étudier les principes de l'art. C'est ainsi qu'il prit une part importante aux travaux de restauration de Notre- Dame de Paris. Succédant a son père, comme architecte de la cathédrale d'Amiens, il fut chargé de missions importantes. Il attacha son nom à toute la partie architecturale et archéologique de la belle expédition du raai-quis de Vogué qu'il accompagna en Orient.
Nommé inspecteur des monuments historiques en Algérie et décoré de la Légion d'honneur, Edmond Duthoit est mort à l'âge de 32 ans, à Amiens, le 10 juin 1889.
48. Eustacliiiiin, tragœdiam sacravi in festo onomastico R. P. Jo.iVNNis Baptist.'E Stumpf. rectoris collegii metensis S. J. Discipuli e classibus Philos^>phia.\ rhetoriccv et Inimanitjtis reprœsentant actoi'cs. Die i\V Jiinii 7tS'5(S'.
Pei'sonnaf;es :
EusT.\CHE, connu sous le nom de Placide, général d'armée, vainqueur des Parthes Edouard de Moi'laincoiirt.
Agaimte, connu sous le nom de Victor,
fils aine d'Eustache, tribun Ausiu^te Pevssai'd.
Théopiste, connu sous le nom de Candide, second fils d'Eustache, tribun. Henri Bertrand.
Trajan, empereur Romain Wodpcki.
Flavius, grand prêtre de Jupiter . . . Joseph Berrard.
Seriîne, sénateur, conseiller de l'empereur Eugène An^eng.
CoRBULON. ministre du palais .... Léon Bastien.
AcHACE, serviteur d'Eustache .... Paul Le Mercier.
Priscus, diacre Charles Chlapowski.
Sénateurs, soldats et licteurs. Prêtres de Jupiter. Chrétiens. Enfants. — La scène est à Rome.
49. « Dieu a donné à son église des apôtres, des évangélistes, des docteurs pour y remplir un ministère sacré, celui de former des saints... Les ordres religieux participent à la vie intime de l'Eglise, ils ont des apôtres, des évangélistes, des docteurs.. . La Compagnie de Jésus a les siens ; le grand archidiacre de Metz, l'immortel Bossuet l'a proclamé : « Et vous, dit-il, sainte et savante Compagnie, qui ne portez pas en vain le nom de Jésus, à qui Dieu a donne, vers la fin des temps, des apôtres, des évangélistes, des docteurs, TEglise se réjouit à la fête d'Ignace, parcequ'elle célèbre en lui les œuvres du docteur, de l'apôtre, de l'évangéliste, œuvres qui rendent témoignage à son apostolat comme les œuvres du Fils de Dieu rendaient témoignage à sa Divinité. »
<■ Quelles sont ces œuvres d'Ignace r Pour les apprécier, vovons l'état du monde où apparaît Ignace, l'état du monde après son entrée dans la carrière.
« A la première époque, le cri de Réforme retentit partout : mot équivoqwe. Pour les rebelles à l'Eglise, c'est la révolte ; tandis que pour les enfants de l'Eglise, c'est une aspiration pieuse vers les améliorations possibles, l'Eglise, leur mère, demeurant seule, juge des movens.
« A cette époque encore que voyons-nous? L'éducation de la jeunesse remise à des savants, ennemis de l'Eglise ; savants superficiels et sophistes, il est vrai, doués d'une érudition de nouvelle forme qui éblouit et à laquelle le catholique ne sait pas encore répondre.
« La méditation des vérités éternelles tombée en désuétude, les sacrements à peine reçus une fois l'an^, les mœurs perdues dans la licence la plus effrénée, l'hérésie appuyée par les Princes et marchant de conquêtes en conquêtes, les pays infidèles assis dans des ténèbres de jour en jour plus épaisses.
« Quarante ans après cette lamentable époque, Ignace avait agi : instrument docile sous la main du Pontife romain, il avait travaille à l'application des maximes établies à Trente. Les œuvres dès lors lui rendaient témoignage. Des collèges nombreux peuplés d'une jeunesse pieuse, laborieuse et chaste, aimant et respectant ses maîtres ; la science, dont se vantaient les novateurs, éclipsée, mise en défaut par la science des fils d'Ignace; une célèbre Université du protestantisme réduite à créer une chaire, une académie spéciale pour réfuter chaque année les irréfutables controverses du Père Bellarmin ; l'œuvre des retraites privées établies pour les esprits d'élite; les missions pour les campagnes ; la piété en honneur; la divine Eucharistie, source de sainteté fréquentée avec amour. Plus de communionsen une semaine qu'on n'en voyait naguère durant toute une année; l'hérésie attaquée dans son centre, au cœur de l'Allemagne, ses progrès arrêtés. Pourquoi faut-il que des guerres sanglantes, la politique malheureuse même des Princes catholiques aient entravé les succès des enfants d'Ignace.» L'orateur félicite Metz, malgré ses cruelles épreuves, d'avoir conservé le drapeau de la vraie foi.
« Que dire de l'Angleterre, devenue schismatique, hérétique ! Vous V suivez à la trace de leur sang les Jésuites martvrs de leur héroïque dévouement au salut des âmes.
«A la voix d'Ignace, François-Xavier va conquérir les Indes, le Japon et rendre à l'Eglise de Jésus-Christ plus de pavs que Thérésie ne lui en a ravi. Et François-Xavier n'est pas un météore isole, c'est un soleil autour duquel viennent successivement briller mille autres étoiles.
"Voilà une légère esquisse des œuvres d'Ignace. N'est-il pas vrai que ses œuvres lui rendent témoignage et le proclament apôtre, évangéliste, docteur ? Et toutes ces grandes œuvres n'avaient qu'un mobile : Ad majorem Dei oloriam.
« Joie pour Met^. Heureuse la ville qui bàlit un temple au Seigneur, heureuse celle qui rétablit ses temples ruinés ! Malheureuse axi contraire, celle qui les détruit ou ne les répare pas. C'est une menace suspendue sur sa tète, le paganisme lui-même le confessait parla voix d'un poète (Horace).
«Jadis on comptait quarante ou cinquante églises à Metz, on en a diminue le nombre. A-t-elle été plus heureuse? Sous les auspices de saint Ignace, Metz reprend pt)Ssession de l'église Saint-Clément. Quelle joie pour cette cité catholique ! Que de souvenirs se rattachent au nom de Saint-Clément ! C'est l'apôtre, c'est le Père par excellence des nombreux enfants qu'il a donnes à Jésus-Christ
dans cette contrée : Si decem millia pœdagogarnm habeatis in Christo, sed non multos patres.
u Joie pour les fils de saint Benoit. Quel lien mystérieux rattache l'ordre de Saint-Benoit à l'ordre de Saint-Ignace? le premier est Tordre de la solitude et du silence; le second, l'ordre de l'action publique et de la parole. Cependant, outre ce lien général qui unit toutes les œuvres de Dieu, toutes les œuvres de l'Eglise, il en est de particuliers qui relient les deux Instituts. Six siècles avant les Dominique, les François, ces glorieux patriarches de deux grandes familles, Benoît avait créé la vie monastique en Occident. La prière, l'étude, la contemplation, telle est la vie des pieux solitaires, mais, au foyer de la contemplation s'allume le zèle apostolique. Souvent les peuples viennent à la porte des cloîtres demander aux enfants de Benoît, des apôtres et des docteurs. L'Angleterre, l'Allemagne, les royaumes du Nord sont évangélisés par ces fils de la solitude.
« L'apostolat, premier trait de la ressemblance, premier lien.
« Mais, dans ces siècles reculés, les apôtres, fils de Benoît, pouvaient en quelque sorte emporter avec eux leur solitude ; à peine avaient-ils touché le sol qu'ils devaient féconder de leurs sueurs qu'on leur voyait construire un monastère. Là, ils venaient souvent retremper leur àme, préparer dans la contemplation de nouvelles conquêtes.
« Au X\'I«^ siècle, ce m'ode d'apostolat est impraticable ; l'hérésie, ennemie née de toutes les antiques institutions de l'Eglise, a pris en horreur les moines, Ignace l'a compris ; il dégagera ses enfants d'une partie des observances monastiques incompatibles avec le plan qu'il s'est tracé. Et cependant, c'est aux pieds d'un moine, enfant de Saint-Benoit, dans l'antique abbaye de Montserrat qu'il va épancher son âme, après sa conversion. C'est sous la direction d'un bénédictin qu'il fait les premiers pas dans la sainteté, qu'il médite le plan de ses grandes œuvres. Hôte de Saint-Benoit, pour ainsi dire, c'est entre Manrèse et Montserrat qu'Ignace forme les premiers linéaments de la Compagnie de Jésus et trace, sous l'inspiration du Ciel, les livres de ses Exercices.
« 2<= lien. Le nouvel institut est fondé. Paul III a prononcé la parole qui fait d'Ignace et de ses disciples un ordre religieux; c'est encore dans une abbave de Bénédictins, à Saint-Paul hors des Murs, près de Rome, que le saint fondateur et ses compagnons prononcent les vœux de religion. Souvenir précieux pour nos Pères 1 Ils l'ont consacré par une table de marbre qui rappelle
414 NOTES (4g, 5o)
encore aujourd'hui que la célèbre basilique des enfants de Saint- Benoît est le véritable berceau de la Compagnie de Jésus.
« J?e lien. Après une longue et prospère existence, la Compagnie disparaît dans la tourmente. Le monde catholique la pleure. Qui tarira la source de ces larmes? C'est l'immortel Pie VII, ce doux bénédictin, ce moine de l'abbaye Saint-Paul hors des Murs. Il ressuscite, en 1814, la Compagnie de Jésus pour le bien de l'Eglise universelle qui avait besoin, dit-il. au milieu des tempêtes, de ces rameurs expérimentés et vigoureux : Expertes et validas rémiges.
« /e lien. Voilà ce qui explique l'apparition d'un solitaire bénédictin dans cette fête de la Compagnie de Jésus. Il a quitté sa chère solitude, franchi de longues distances, il est entré dans une grande ville. Pourquoi .-' afin d'ajouter un nouveau lien à ceux qui unissent les deux ordres religieux. Il surabonde de joie en parlant de saint Ignace, en présence du vénérable Pontife, qui aime tant la Compagnie d'Ignace, qui lui a ouvert par sa protection, par ses bienfaits, le collège et l'église Saint-Clement. Jouissez donc, mes Révérends Pères, jouissez en paix de cette ancienne demeure des enfants de Saint-Benoît. Nous ne dirons pas : Alii laboraverunt, vos in eoriim labores introistis. Non, car vous n'êtes pas des autres pour nous, vous êtes les amis, les frères bien-aimés de l'ordre de Saint- Benoit. »
5o. Diocletiani dieni snpremum, tragœdiam sacram, infesta onomastico R. P. Joannis'Baptist.« Stumpf, rectoris collegii metensis S. J. Discipnli e classibus rhetoricœ et philosophicv in scena exhibent auctores. Die 22 Junii i85q.
Personnages :
DiocLÉTiEN, empereur, retiré à Salone Romain Wodr;icki.
Candidien, fils orphelin de Maximien Galère, adopté par Valérie, fille de Dioclétien, qui avait épousé Galère. Maurice de Chanteau.
HiÉROPHiLE, chef d'un collège de druides et de bardes, établi à Salone par Dioclétien Edouard de Morlaincourt.
EuRYSTHÈNE, grand prêtre de Jupiter. Auguste Peyssard.
Ambiorix, barde, dernier rejeton de la tribu des Eburons, anéantie autrefois par Jules César Henri Bertrand.
FÉLIX, chrétien, habitant de Salone et
ancien officier de Dioclétien .... Léon Bastien.
NOTES (3o, Si. 52) 41 5
Albin, tribun d'une cohorte de l'armée
de Constantin et de Ucinius, il est
païen et dévoué à Licinius, mais ses
soldats sont chrétiens Paul Le Mercier.
Deux sentinelles gauloises. (Ihœur de bardes et de druides. Chœur
de prêtres de Jupiter. Guerriers chrétiens conunandés par Albin.
— La scène est à Salone.
5i. Julien Bach, né à Metz le 4 novembre 1795, fut à sa sortie du Séminaire chargé des fonctions de professeur de seconde et de rhétorique au petit Séminaire de Metz. Ami du saint Père Potot, il put entrer avant lui dans la Compagnie de Jésus, où il fut reçu le 25 septembre 1823.
Employé d'abord en Suisse, puis en Bretagne, il revint à Metz en i852 et V resta jusqu'à sa mort, le i5 mai 1872. Le P. Bach était chargé de fonctions spirituelles ; de plus, il était appelé à remplacer tous les professeurs qui, par suite de maladie ou pour toute autre cause, étaient forcés d'interrompre leurs classes. Enfin, il faisait un cours d'histoire naturelle et avait organisé un musée d'une assez grande valeur.
Le P. Bach avait conservé d'excellentes relations avec l'ancien clergé de Metz. On se servit de ces souvenirs pour l'attirer dans plusieurs sociétés locales où l'on n'appréciait pas moins sa vaste et solide érudition que son caractère aimable et conciliant. C'est ainsi qu'il fut un des membres les plus actifs de la Société d'histoire et d'archéologie de la Moselle et de la Société d'histoire naturelle de Metz. Ses travaux lui ouvriront également les portes de la Société asiatique de Paris et de plusieurs Sociétés savantes de Bretagne. Il a publié un grand nombre d'ouvrages et avait amassé une quantité de notes et documents dans lesquels il se plaisait à voir ses amis et ses élèves puisera pleines mains. Nous lui sommes redevable de la communication d'un grand nombre de documents concernant le premier collège de Metz.
Sa mort, comme sa vie, a été un modèle d'édification. Ses élèves, devenus hommes, en se rappelant le souvenir de cet excellent Père, ne retrouvent dans leur mémoire, ni une démarche, ni un mot de lui qui ne puisse avoir été dicté par son ardente piété et sa profonde sagesse.
52. L'abbaye de Saint-Clément est, selon dom Godefroy d'Armeine, le premier couvent érigé à Metz. « Cela est indubitable et sans difficulté, dit-il, car tout le monde avoue que ce saint sanc-
tuaire fut bâti par saint Clément en Tlionneur de saint Pierre, son maître, l'an de N. S. 46 et fut agrandi et fait collégiale par l'Evêque saint Urbice, sous le nom de saint Félix, l'an 3q6. « Cette première chapelle, érigée sous le vocable de saint Pierre aux champs, était située hors des portes de la ville, au Sablon.
En 6i3, Théodebert, septième roi de Metz, autorisa les religieux suivant la règle de saint Benoit à s'installer à côté de cette église, avec l'agrément de l'Evêque Arnould, du vivant de saint Çolomban.
En qSS, Adalberon I<'^ Evéque de Metz, restaura Tabbaye. Saint Kadroe fut appelé par Adalberon pour réformer ou pour établir d'une manière définitive ce monastère. Il en fut le premier abbé en 94(5.
1. — Si Kadroe. Natione Hybernus et regiali prosapia ortus ; monachus Luxoniensis qui omnium virtutum laude refulgens huic cœnobio 82 annis sanctissime prœfuit ejusque festiva dies annuatim recolitur 6 martii. Obiit anno 978. Cui successit :
2. — Fingeniiis. Beatas memoriee et ipse etiam Hybernus, vir famosus et inclvtus, tantaque in rébus agens discretione et prudentia ut uno eodemque tempore trium abbatiarum regimen sustinuerit : Sti démentis, Sti Vitonis (St Vannes) et Sti Symphoriani, ubi collapsam disciplinam regularem restituit et ubique singularis suas œconomias prasclara reliquit monumenta. Prœfuit 24 annis et obiit in senectute bona non sine magna sanctitatis opinione i5 oct. 1002.
Mai 991. Sauvegarde accordée sur la demande de Dom Fingenius et à la mémoire de Kadroe par l'empereur Othon III à l'abbave de Saint-Clement. {Arcli. de Li Préfecture.)
3. — Haf^anus. Suis multis annis prœfuit. Obiit in pace Cal. februarii, anno io36.
4. — Widdo. Monachus Luxoniensis non minus eruditione et religione quam sanguine clarus ; in decursu suœ prelaturae florebat cœnobium Sancti démentis, viris sanctis et doctis velut Paradisum Domini. Obiit in anno loSj. 8 Kal. februarii.
5. — Hag-aniis, Hic multis annis dignissime prœfuit. Obiit 26 avril
io58. Donation d'Adalbéron, Evêque de Metz à l'abbaye de Saint-Clément. (Arch. Pré/., titre 27.)
La petite chapelle contre laquelle le monastère s'était établi, renfermait les sépultures de Saint-Clément et de plusieurs Evêques, ses successeurs. Le 2 mai loqo, Hérimann, Evêque de
NOTES (b-l) 417
Metz, fit la translation de ces reliques et les déposa dans l'éplise de Saint-Félix.
En ioqS, les religieux bâtirent l'église Saint-Pierre aux arènes, un peu au sud de l'ancien amphithéâtre romain, près du Pâté, hors la porte Saint-Thiébault, dans les cantons encore appelés de nos jours : Jardin de Saint-Pierre, en Saint-Pierre^ le Paradis.
En 1094, TArchevêque de Trêves, Brunon, vint à Metz, bénir cette église.
6. — Anceliniis . Excellent pasteur, cher à Dieu et aux hommes. Mort (") nov. i 12 1 .
7. — Adelo. Nommé par le suflVage des moines et confirmé par Calixte, le supérieur de tous les moines suivant la règle de Saint-Benoit. Mort en odeur de sainteté le 2g janvier 11 28.
II23. Bulle du Pape Callixte II renfermant les privilèges accordés en loqopar TEvèque Herimann. {Archives de la Préf., tit. 27.) S. — Humbert. Mort l'^r déc. ii38. [Mém. Soc. Arch. 18G4, p. 45.)
9. — Simon. Très fidèle observateur de la règle, cessit natiiiw 1 1 oct. 1 145.
10. — Jean. Assista le premier à l'élection des Maitres echevins de Metz. Mort lo mars 1184.